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Marche contre la brutalité policière: le SPVM a procédé à 226 arrestations

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BRUTALITE POLICIERE
Deux cent vingt-six personnes ont été arrêtées, jeudi soir, lors de la 16e manifestation contre la brutalité policière tenue au centre-ville de Montréal. | PC

MONTRÉAL - Ils étaient près de 2000 à manifester et 226 d'entre eux se sont retrouvés derrière les barreaux au terme de la 16e manifestation contre la brutalité policière qui se tenait jeudi soir à Montréal.

Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a fait le bilan, vendredi matin, de cette soirée mouvementée au cours de laquelle des vitrines de magasins ont été fracassées et des voitures ont été vandalisées.

Le chef du SPVM, Marc Parent, a indiqué que 190 manifestants ont été interceptés à l'intersection du boulevard de Maisonneuve et de la rue Berri. Ils ont été arrêtés en vertu de règlements municipaux, de mandats ou pour avoir posé des méfaits ou des voies de fait.

Quatorze arrestations ont été effectuées en vertu de l'article 31 du Code criminel. Cet article permet aux forces de l'ordre d'effectuer des arrestations lorsqu'elles estiment qu'un acte criminel est sur le point d'être commis et qu'il pourrait mettre en danger la sécurité des citoyens.

Des 226 manifestants arrêtés, quatre demeuraient encore incarcérés vendredi matin. Ceux-ci font face à des accusations de bris de condition, de possession d'arme ou d'agression.

En point de presse, Marc Parent s'est dit satisfait du travail des policiers. Il a souligné leur «travail professionnel pour encadrer une manifestation très agitée», ajoutant que «plusieurs casseurs et agitateurs étaient là pour faire valoir leur message avec des actes de violence».

Outre les participants habituels à l'événement, des étudiants en grève se sont mêlés à la foule. Ceux-ci voulaient dénoncer des comportements qu'ils jugent violents commis par des policiers lors des manifestations contre la hausse des droits de scolarité.

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a néanmoins tenu à dissocier cette soirée de grabuge des manifestations étudiantes qui se déroulent depuis quelques semaines dans la métropole.

«Ce type de manifestation est en train de pervertir la notion de manifestation qu'on doit protéger dans notre démocratie», a-t-elle souligné. Elle demande une fois de plus aux étudiants de continuer à manifester de manière pacifique.

Visiblement en colère, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, s'est dit dégoûté par la tournure des événements.

«Ma tolérance a atteint ses limites et il semblerait que ce soit le cas pour l'ensemble de la population montréalaise», a-t-il dit.

Il a ajouté que la Ville de Montréal avait mis en place diverses initiatives de démocratie participative. «Mais on est toujours dans une situation perdante», a-t-il lancé, ulcéré.

«Si on ne fait rien, on est critiqué. Si on essaie de faire de la prévention, on est critiqué. Et quand il y a un événement où il y a de la violence, on est encore critiqué.»

Au cours des quatre heures qu'a durées la manifestation, sept policiers et deux citoyens ont été légèrement blessés.

Des citoyens auraient déjà fait parvenir au SPVM des vidéos d'actes de vandalisme. De nouvelles arrestations pourraient donc survenir dans les prochaines semaines.