NOUVELLES

Une documentariste adapte une collection d'essais de Margaret Atwood au cinéma

15/03/2012 02:35 EDT | Actualisé 15/05/2012 05:12 EDT

TORONTO - La documentariste Jennifer Baichwal n'a pas hésité une seconde lorsqu'on lui a demandé d'adapter un livre de Margaret Atwood pour le grand écran: elle a tout de suite répondu non.

Bien qu'elle ait été une admiratrice de longue date de la romancière, Baichwal ne pouvait s'imaginer comment elle pouvait transposer son ouvrage «Comptes et légendes: la dette et la face cachée de la richesse» au grand écran.

Elle admet qu'à l'époque, elle n'avait pas encore lu la collection d'essais et croyait qu'elle ne traitait que de la crise financière.

Elle a cependant vite constaté que le livre allait dans une autre direction, se penchant plus sur le concept de la dette lui-même et sur la façon dont la notion d'obligation et de récompense a influencé l'histoire, la littérature, le droit et la religion.

Malgré tout, après avoir lu et relu le matériel pendant un an, la réalisatrice n'arriver pas à bâtir un film à partir des idées abstraites de l'écrivaine. Elle a donc abandonné.

Baichwal a plutôt tenté de trouver des exemples de dette et de réparation dans la vraie vie, et c'est à ce moment qu'un déclic s'est fait dans sa tête. Le documentaire «La dette» («Payback») prendra l'affiche vendredi à Montréal et Toronto avant d'être présenté ailleurs au pays.

«On ne pourrait parler d'une adaptation littérale, ce n'est pas une transposition littérale du livre du tout, a expliqué Baichwal au sujet de son film. C'est plutôt une tentative de transposer intelligemment ce qui se passe dans le livre en un produit cohérent pour le cinéma.»

On y raconte notamment une querelle territoriale de longue date entre deux familles albanaises. Une vieille loi tribale stipule que la partie flouée a le droit de tuer tout membre du clan ennemi lorsqu'il quitte sa maison, condamnant dans ce cas une famille de six personnes à demeurer sur une petite ferme et à lentement mourir de faim.

Une analyse de la fuite de pétrole de BP dans le golfe du Mexique soulève une question difficile: qu'arrive-t-il lorsque la dette est si élevée qu'elle ne peut être remboursée?

Atwood n'avait jamais songé aux possibilités cinématographiques offertes par ses essais et considère que l'interprétation de Baichwal est «brillante et captivante».

Le film raconte aussi l'histoire de cueilleurs de tomates maltraités en Floride et les déboires de Conrad Black avec le système judiciaire américain.

«Ce qui est intéressant avec Conrad, c'est que, d'abord, il a accepté de participer au film, ce qui montre qu'il est bon joueur. Puis, je crois que l'expérience qu'il a eue (...) a changé son opinion au sujet (...) des prisons dans notre société et de la question quant à leur fonctionnement ou non», croit Atwood.

«La plupart des gens, lorsqu'ils pensent à quelqu'un qui est en prison, ont une idée caricaturale de ce à quoi un prisonnier ressemble. Et Conrad Black n'est pas cette personne, ajoute Baichwal. Je crois qu'il a été transformé par son expérience.»

PLUS:pc