NOUVELLES

Projet de Muskrat Falls: Ottawa a répondu au rapport du comité mixte

15/03/2012 10:51 EDT | Actualisé 15/05/2012 05:12 EDT

SAINT-JEAN, T.-N.-L. - Les partisans du projet de développement hydroélectrique de Muskrat Falls, au Labrador, se rapprochent de leur cible, alors que l'étape des évaluations environnementales fédérales et provinciales a été conclue, jeudi.

Ottawa et Saint-Jean se sont officiellement prononcés jeudi sur le rapport soumis l'an dernier par un groupe mixte sur le projet de Muskrat Falls, évalué à 6,2 milliards $, en réaffirmant la pertinence économique et environnementale de ce développement hydroélectrique sur le cours inférieur du fleuve Churchill.

Ils ont aussi balayé du revers de la main la recommandation de mener d'autres évaluations pour déterminer la pertinence du projet, soutenant que le comité avait recueilli suffisamment d'informations pour se faire une tête.

Les gouvernements ont ajouté qu'ils entameront sous peu le processus d'émission des autorisations fédérales dans le projet, tout en oeuvrant à sceller la promesse d'Ottawa de fournir une garantie de prêt à la province.

Le comité, mandaté par les gouvernements fédéral et provincial, avait été chargé en 2009 d'évaluer les retombées économiques et les impacts environnementaux du projet de Muskrat Falls. Des audiences publiques avaient été tenues au Québec et à Terre-Neuve-et-Labrador, et le rapport final du comité a été soumis en août dernier.

Ce rapport concluait que Nalcor Energy, la société d'État de Terre-Neuve-et-Labrador, n'avait pas réussi à prouver la pertinence de son projet. La première ministre de la province, Kathy Dunderdale, avait alors déclaré ne pas comprendre comment le comité avait pu en arriver à de telles conclusions.

Le comité prévenait également que le projet aurait sans doute plusieurs impacts considérables sur les poissons, les milieux humides et les habitats terrestres, de même que sur les troupeaux de caribous des monts Red Wine.

Ottawa et Saint-Jean ont par ailleurs déclaré que des mesures seraient prises afin de répondre à certaines de ces inquiétudes, faisant valoir qu'au final, les avantages du projet dépassent ses inconvénients.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Darrell Dexter, qui s'est prononcé en faveur du projet, a accueilli favorablement l'annonce de jeudi. Le projet prévoit la distribution dans sa province d'une partie de l'électricité produite à Muskrat Falls.

M. Dexter et Mme Dunderdale avaient subi dans leur province les foudres de l'opposition, qui soutenait que le projet devrait être soumis à d'autres évaluations avant que le feu vert ne soit donné.

La Nalcor Energy devrait débourser 2,9 milliards $ pour la construction d'une centrale hydroélectrique. Par ailleurs, un câble de transmission du Labrador à l'île de Terre-Neuve coûterait 2,1 milliards $, dont 600 millions $ seraient fournis par une compagnie privée de la Nouvelle-Écosse, Emera. La compagnie financerait aussi, à hauteur de 1,2 milliard $, un autre tronçon pour alimenter le territoire de la Nouvelle-Écosse.

Développer le secteur hydroélectrique dans la région est un projet qui est discuté depuis des décennies. En 1980, il avait franchi l'étape de l'évaluation environnementale mais avait été écarté pour des raisons d'accès aux marchés et de financement.

PLUS:pc