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Massacre en Norvège: la police admet qu'elle aurait pu réagir plus vite

15/03/2012 05:42 EDT | Actualisé 15/05/2012 05:12 EDT

OSLO - La police norvégienne a admis pour la première fois, jeudi, qu'elle aurait pu réagir plus rapidement au massacre dans l'île d'Utoya, où 69 personnes ont été tuées en juillet dernier.

Présentant les résultats d'une évaluation interne, des responsables de la police ont expliqué que la réaction des forces de l'ordre avait été ralentie par des lacunes dans le système de communication et d'autres contretemps, notamment la panne d'un bateau surchargé qui transportait des policiers d'élite vers l'île où se déroulait la tuerie.

Les enquêteurs affirment que le tireur, Anders Behring Breivik, a déclenché une bombe dans le centre d'Oslo, tuant huit personnes, avant de se rendre à un lac en périphérie de la capitale où il a pris un petit bateau pour se rendre à l'île d'Utoya, où se déroulait un camp d'été des jeunes travaillistes. Il a été arrêté une heure et vingt minutes après le début du massacre, selon l'acte d'accusation présenté la semaine dernière.

«Je regrette que nous n'ayons pas été capables d'arrêter le suspect plus tôt», a admis jeudi le directeur de la police d'Oslo, Oeystein Maeland, devant les journalistes.

«La police aurait-elle pu être plus rapide? La réponse est oui», a-t-il affirmé. «Si le bateau n'avait pas été surchargé, la police serait arrivée à Utoya plus rapidement.

«Nous ne pouvons pas savoir si cela aurait donné un résultat différent et meilleur. Il est difficile (...) de penser que des vies auraient ainsi pu être sauvées», a ajouté M. Maeland.

La police avait jusqu'ici été réticente à admettre qu'elle aurait pu réagir différemment lors du massacre sans précédent dans l'histoire de la Norvège.

Même s'il a admis être l'auteur de la tuerie, Anders Behring Breivik, âgé de 33 ans, rejette les accusations de meurtre et de terrorisme portées contre lui, estimant que les victimes ont trahi la Norvège en acceptant les politiques favorables à l'immigration qui, selon lui, mèneront à une colonisation musulmane du pays.

Des psychiatres évaluent la santé mentale de l'accusé pour déterminer s'il devrait être condamné à un internement psychiatrique plutôt qu'à la prison. Dans un cas comme dans l'autre, il pourrait être détenu pour le reste de sa vie.

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