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Autre marche contre la brutalité policière: le SPVM demande de la collaboration

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MARCHE BRUTALITE POLICIERE
Les forces policières sont sur les dents. (Photo PC, Denis Beaumont) | PC/Denis Beaumont

MONTRÉAL - La manifestation annuelle du Collectif opposé à la brutalité policière a dégénéré en fin de soirée, jeudi, menant à des actes de vandalisme et à plus d'une centaine d'arrestations.

Il n'aura fallu que 20 minutes à la police de Montréal pour déclarer illégale la marche et lancer un avis de dispersion à la foule après le départ du cortège, vers 18 heures.

Après une série de brefs affrontements avec les manifestants à travers le centre-ville de Montréal, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) aura finalement encerclé un important groupe de protestataires en bordure de la Grande Bibliothèque, tout près du parc Émilie-Gamelin, lieu de départ de l'événement. Le bilan des arrestations serait appelé à augmenter rapidement, selon le porte-parole du SPVM, le lieutenant Ian Lafrenière.

Au cours de la soirée, la police avait déjà effectué quinze arrestations, en plus de saisir du matériel pyrotechnique.

Les autorités estiment que de 4000 à 5000 personnes ont pris part à l'événement pendant la soirée. Après l'ordre de dispersion, les manifestants se sont scindés en plusieurs groupes. La police a par ailleurs lancé plusieurs grenades lacrymogènes et plusieurs engins assourdissants, selon un journaliste de La Presse Canadienne.

Certains protestataires ont commis des gestes de vandalisme, s'en prenant à au moins un commerce en fracassant la vitrine de celui-ci et en endommageant une voiture de patrouille et en renversant une autre.

Des casseurs ont profité du désordre pour piller une succursale de la chaîne d'électronique Future Shop, emportant divers appareils.

Outre les participants habituels à l'événement, des étudiants en grève se sont mêlés à la foule pour dénoncer la brutalité policière à leur endroit lors des précédentes manifestations organisées à Montréal contre la hausse des droits de scolarité.

François Grenier, un étudiant, a été grièvement blessé à l'oeil, la semaine dernière, après avoir reçu, allègue-t-on, un fragment de grenade assourdissante au visage.

«Je suis un étudiant et je suis opposé à la brutalité policière», a déclaré Gabriel Babin, un manifestant âgé de 19 ans, qui portait un masque en raison, selon lui, du temps frisquet du mois de mars.

M. Babin, qui a participé aux récentes manifestations étudiantes, affirme que l'incident impliquant M. Grenier a poussé certains étudiants à se joindre à l'événement cette année.

«Nous avons le droit de protester», affirme M. Babin.

Le jeune homme a dit souhaiter qu'on puisse éviter les actes de violence qui sont habituellement l'apanage de cette manifestation.

«C'est une manifestation pacifique et c'est de cette façon qu'elle devrait se dérouler», a-t-il dit.

Le porte-parole du SPVM a toutefois un autre avis sur la question: «Le problème, avec ce genre de manifestation, c'est que certains montrent parfois un signe de "peace" d'une main et ont une roche dans l'autre», a déclaré le lieutenant Ian Lafrenière.

Les autorités avaient demandé aux manifestants de respecter les lois et règlements, ainsi que le sens de la circulation.

Plus tôt également, le SPVM avait appelé les organisateurs à collaborer avec les autorités pour éviter les débordements. Les policiers se disent conscients que des casseurs se mêlent régulièrement à cet événement et profitent de l'anonymat que leur procure la foule pour se livrer à des méfaits ou poser des gestes illégaux.

L'inspecteur-chef, planification opérationnelle du SPVM, Alain Bourdages avait pour sa part invité les manifestants «légitimes» à se disperser si des policiers le leur demandent.

L'an dernier, plus de 250 personnes avaient été arrêtées dans le cadre de cette marche. Des voitures avaient notamment été vandalisées et des vitrines de magasins fracassées. Certains manifestants avaient aussi lancé des projectiles.

Des dizaines d'arrestations avaient également été effectuées en 2010 et 2009.

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