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La SQ effectue une perquisition chez un journaliste du Journal de Montréal

15/03/2012 08:37 EDT | Actualisé 15/05/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - La Sûreté du Québec a mené une perquisition dans la résidence d'un journaliste du Journal de Montréal, jeudi, après que celui-ci eut écrit un article sur le mauvais contrôle d'accès aux dossiers médicaux dans les hôpitaux.

Éric-Yvan Lemay, qui n'a pas été accusé, se trouvait en compagnie de sa femme enceinte et de deux jeunes enfants lorsque la police a fait irruption à son domicile, à 6h45, un mandat de perquisition entre les mains.

Le rédacteur en chef du journal, George Kalogerakis, a indiqué que la police avait réclamé les empreintes digitales du journaliste, certains vêtements et son ordinateur.

M. Kalogerakis a précisé que le matériel saisi demeurait sous scellé jusqu'à ce que le quotidien conteste le mandat en cour.

M. Lemay avait récemment signé une série de textes sur le fait qu'il était facile de se procurer des informations médicales dans environ 10 hôpitaux du Québec, y compris l'un à Saint-Hyacinthe où il a trouvé une pile de dossiers médicaux dans un corridor.

L'un de ces hôpitaux aurait supposément déposé une plainte au criminel contre le journaliste.

Celui-ci n'a pas été accusé, mais M. Kalogerakis soutient qu'il est suspecté de vol de moins de 5000 $.

Au dire du Journal de Montréal, il serait également accusé de trafic de documents confidentiels.

M. Lemay, qui est également rédacteur en chef adjoint au quotidien, enquêtait sur l'absence de protection de la vie privée dans les hôpitaux.

M. Kalogerakis a dit que lorsque M. Lemay a découvert la pile de documents à l'hôpital de Saint-Hyacinthe, il s'est lui-même filmé en train d'ouvrir et de fermer les dossiers.

Les noms des patients ont été caviardés lorsque le journal a publié la vidéo sur son site Internet.

«Nous considérons que ce nous avons fait relève de l'intérêt public, c'est-à-dire démontrer qu'il existe un problème à propos de la façon dont le système de santé gère la confidentialité des dossiers médicaux», a déclaré M. Kalogerakis.

Selon lui, il s'agit d'un cas où on a «tiré sur le messager».

Il a ajouté qu'au lendemain de la publication des articles, le ministre de la Santé a demandé aux administrateurs de l'hôpital de mieux protéger leurs informations confidentielles.

Aucune date de contestation du mandat n'a été déterminée.

Réagissant par communiqué, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec FPJQ a vivement dénoncé la perquisition, qualifiant le tout d'«atteinte sérieuse à la liberté de presse».

Le reportage, qui a révélé des faits d'intérêt public dans dévoiler l'identité des patients, interpelle les gestionnaires des hôpitaux, précise la fédération.

«C'est la direction de ces établissements qui doit être mise sur la sellette pour répondre du manque de sécurité des dossiers médicaux, pas le journaliste qui le révèle.»

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