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La Cour suprême refuse d'entendre le Barreau dans la cause de Micheline Parizeau

15/03/2012 11:26 EDT | Actualisé 15/05/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Malgré ses nombreux déboires avec le Barreau, la controversée avocate Micheline Parizeau, qui s'est fait connaître en s'occupant des divorces des gens riches, a eu le mot de la fin: elle pourra continuer à exercer sa profession au Québec.

La Cour suprême du Canada a refusé jeudi d'entendre l'appel du Barreau du Québec qui tentait, à cette ultime étape, de l'empêcher de réintégrer ses rangs. Le Barreau la jugeait toujours inapte à exercer la profession d'avocate.

En 2000, Mme Parizeau avait été radiée du Barreau pendant cinq ans pour des actes frauduleux: elle avait notamment confectionné de faux documents pour aider sa cliente dans une cause de divorce. Elle avait aussi été condamnée pour incitation au parjure, exagération grossière des réclamations de sa cliente, et destruction de preuve.

Cinq ans plus tard, elle a demandé à pouvoir travailler à nouveau comme avocate.

Elle a fait valoir qu'elle avait compris le caractère blâmable de sa conduite antérieure, avait identifié la source de ses comportements problématiques, et s'était engagée à se comporter dorénavant de manière irréprochable.

Mais elle essuie alors un refus: le comité administratif appelé à vérifier si elle est apte à réintégrer la profession estime que cela n'est pas le cas. Selon le comité, Mme Parizeau n'a pas suffisamment «évolué» depuis sa radiation et a toujours les mêmes problèmes éthiques.

Le Tribunal des professions avait renversé cette décision, ce qui a permis à Mme Parizeau de retrouver son droit de pratique en 2008.

La saga se poursuit néanmoins devant les tribunaux vu l'insistance du Barreau, et finalement, la Cour d'appel a jugé qu'il était raisonnable d'ordonner à l'ordre professionnel de réinscrire l'avocate malgré ses erreurs passées.

Le refus de la Cour suprême d'entendre les arguments du Barreau met fin à ce conflit avec l'avocate.

Mme Parizeau, qui a près de 70 ans, s'est fait connaître en représentant les ex-épouses d'hommes riches, dans les années 1980 et 1990. Plusieurs juges lui ont reproché d'avoir multiplié inutilement les procédures et transformé les procès en guerres de tranchées coûteuses et interminables.

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