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Face aux difficultés de Transat, le pdg exhorte les actionnaires à la patience

15/03/2012 09:42 EDT | Actualisé 15/05/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le voyagiste Transat (TSX:TRZ) célèbre cette année le 25e anniversaire de son entrée en Bourse, mais ses actionnaires n'ont pas le coeur à la fête.

L'entreprise montréalaise a dévoilé jeudi une perte nette de 29,5 millions $ (77 cents par action) à son premier trimestre, alors qu'elle avait perdu 13,4 millions $ (35 cents par action) pendant la même période de l'an dernier.

La perte ajustée par action, qui exclut certains éléments, s'élève à 79 cents, soit beaucoup plus que les prévisions des analystes financiers, qui tablaient en moyenne sur une perte de 56 cents par action.

À l'assemblée annuelle des actionnaires, jeudi à Montréal, le grand patron de Transat, Jean-Marc Eustache, a voulu se montrer rassurant.

«Certains de nos actionnaires nous ont manifesté de l'impatience et je les comprends, a-t-il déclaré. Je peux vous dire une chose: je suis impatient moi-même. (...) Il faut cependant être conscient que (le redressement de l'entreprise) va demander un peu de temps.»

Une fois de plus, la flambée des prix du carburant a plombé les résultats de Transat au premier trimestre. M. Eustache a toutefois soutenu que les compressions de coûts annoncées l'automne dernier, y compris la suppression d'une centaine de postes, avaient eu un effet positif.

Les chiffres «semblent épouvantables, mais si vous enlevez le carburant, on a amélioré nos résultats par rapport à l'an dernier», a-t-il affirmé en conférence de presse.

Les revenus trimestriels ont crû de 2,4 pour cent pour atteindre 829,3 millions $. La hausse des prix de vente a été insuffisante pour couvrir l'augmentation des coûts du carburant.

L'objectif premier de l'entreprise est de renouer avec la rentabilité cette année. L'an dernier, elle a essuyé une perte nette de 12,2 millions $. Le défi sera toutefois de taille. Transat a indiqué jeudi que les résultats du deuxième trimestre «pourraient être légèrement inférieurs à ceux de l'an dernier». L'été sera donc la saison cruciale pour Transat cette année. Jusqu'ici, les prix de vente sont supérieurs à ceux de l'an passé et les réservations sont à un niveau similaire, mais la situation pourrait changer rapidement.

«Ça ne sera pas la grande année du siècle, ça c'est sûr», a reconnu Jean-Marc Eustache.

Transat a déjà annoncé une série de mesures pour améliorer ses résultats à moyen terme, dont une amélioration de la qualité de ses forfaits vers le Sud, l'implantation d'un nouveau système informatique et un accroissement de l'utilisation de ses avions. Jeudi, M. Eustache est allé plus loin.

«Nous sommes en train de remettre en question toutes nos entreprises, tous nos services, toutes nos façons de faire et au cours des prochains mois, il y aura certainement des annonces par rapport à des changements que nous allons continuer à faire dans notre société», a-t-il lancé en réponse à la question d'un actionnaire.

«Il n'y a pas d'actifs comme tels qui sont sur la liste des actifs à vendre, a par la suite précisé le chef de la direction financière, Denis Pétrin. (...) On regarde tous nos actifs et on se demande si la rentabilité qu'on en obtient est à un niveau adéquat. Si ce n'est pas le cas, on se demande si on peut les gérer différemment. Sinon, on se demandera s'il y a un changement de cap qu'on doit faire. (...) Mais on n'est pas en vente de feu, loin de là.»

Après avoir mis en veilleuse, l'an dernier, son projet de quitter Transat, Jean-Marc Eustache a assuré jeudi qu'il resterait aux commandes pour l'avenir prévisible. Malgré les pressions exercées par certains actionnaires pour qu'il cède la présidence du conseil d'administration de l'entreprise ou son poste de pdg, l'homme de 64 ans tient à conserver les deux.

«Je vois quand même que les actionnaires ont voté à 94 pour cent pour moi aujourd'hui (pour sa réélection au conseil), alors il faut croire qu'ils pensent que je suis encore le président de la situation», a noté M. Eustache.

«Quand l'entreprise va mal, eh bien il ne reste qu'une personne sur le pont qui va couler avec le bateau, a-t-il ajouté. Avec moi, vous serez sûrs que je ne m'en irai pas. Je resterai sur le bateau et je coulerai avec mon bateau.»

L'entreprise a toutefois consenti à nommer un «administrateur en chef», indépendant de la direction, qui présidera désormais les réunions du conseil.

Après avoir perdu jusqu'à 6,5 pour cent pendant la séance, l'action de Transat a finalement clôturé à 6,50 $, jeudi, soit son cours de clôture de la veille.

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