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Disant en avoir obtenu plus pour Montréal, l'AMF appuie le projet de Maple

15/03/2012 09:15 EDT | Actualisé 15/05/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - L'Autorité des marchés financiers (AMF) s'est félicitée jeudi d'avoir réussi à obtenir du consortium Maple une «bonification» des engagements en faveur de la Bourse de Montréal dans le cadre de la proposition de rachat du Groupe TMX (TSX:X), mais les principaux intéressés, eux, n'ont pas l'impression d'avoir cédé grand-chose.

L'AMF et la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario ont annoncé jeudi leur intention de donner leur accord à la transaction proposée par Maple, évaluée à 3,8 milliards $.

«C'est une étape très importante parce qu'essentiellement, ce que les régulateurs viennent de dire, c'est qu'ils sont à l'aise avec le concept de notre transaction, avec ses principes et ainsi de suite, alors passons maintenant à l'étape ou on va documenter tout ça», s'est réjoui le porte-parole de Maple, Luc Bertrand, qui est aussi vice-président du conseil d'administration de la Banque Nationale (TSX:NA).

Dans son communiqué, l'AMF a précisé avoir obtenu l'assurance de Maple que «la mise en valeur et le développement» des activités liées aux produits dérivés, y compris ceux négociés hors cote, allaient se faire à Montréal. De plus, Maple s'est engagé à mettre sur pied «un comité des produits dérivés» au sein de son conseil d'administration et à garantir que «toute activité visant l'amélioration» du logiciel spécialisé Sola sera réalisée à Montréal.

M. Bertrand a toutefois refusé de dire jeudi que ces engagements vont plus loin que ceux pris l'an dernier par Maple.

«Il y a des choses à développer dans cet univers (des produits dérivés) qu'on veut continuer à développer là ou se trouve le savoir-faire, c'est-à-dire à Montréal, a-t-il commenté. C'est donc une décision d'affaires pour nous. (...) Ce n'est pas pour nous quelque chose qui sort de l'ordinaire.»

Des engagements trop contraignants auraient été impossibles à mettre en oeuvre, a fait valoir Luc Bertrand. «Il faut quand même que ça s'inscrive dans un contexte où on peut livrer la marchandise, a-t-il dit. Il ne faut pas se ramasser avec un chameau à cinq pattes!»

Maple regroupe 13 institutions financières et régimes de retraite canadiens, dont la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité FTQ, la Banque Nationale et le Mouvement Desjardins.

Le Groupe TMX exploite notamment les Bourse de Toronto et de Montréal ainsi que la Bourse de croissance TSX.

La plus grand défi auquel fait désormais face Maple est de faire accepter son projet par le Bureau de la concurrence. Dans une déclaration communiquée jeudi, l'organisme fédéral a indiqué qu'«un changement significatif quant aux conséquences sur la concurrence» de la transaction proposée était encore nécessaire afin de «répondre adéquatement aux préoccupations sérieuses» soulevées en novembre par la commissaire du Bureau, Melanie Aitken.

Ces préoccupations sont principalement liées à un aspect central de la transaction proposée: la fusion du Groupe TMX avec l'un de ses concurrents, le système de négociation non conventionnel Alpha, et avec la chambre de compensation CDS.

M. Bertrand n'a pas voulu s'avancer jeudi sur le moment probable de la clôture de la transaction. «Si ce n'était que de moi, ça serait fait depuis longtemps», a-t-il lancé.

L'action du Groupe TMX a bondi de 3,1 pour cent jeudi pour clôturer à 45,09 $, à la Bourse de Toronto.

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