Budget du Québec: la CAQ demande à Bachand d'épargner les contribuables

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FRANCOIS LEGAULT
Selon François Legault, le gouvernement devrait verser la totalité des redevances sur les ressources naturelles non renouvelables au remboursement de la dette. | CP

QUÉBEC - La Coalition avenir Québec (CAQ) demande au ministre des Finances, Raymond Bachand, d'épargner aux contribuables toute hausse d'impôts, de tarifs et de taxes.

En revanche, le gouvernement Charest doit se montrer «responsable» et consacrer la totalité des redevances sur les ressources naturelles non renouvelables au remboursement de la dette publique, a fait valoir le chef François Legault, jeudi en point de presse.

«Il ne doit y avoir aucune hausse de taxes, d'impôts ou de tarifs. Indirectement, c'est toujours le même payeur qui sort l'argent de sa poche. Les Québécois sont assez taxés, il n'est pas question de cautionner quelque hausse que ce soit, y compris les tarifs», a dit M. Legault.

Le leader de la CAQ fait toutefois une exception pour deux augmentations de tarifs déjà inscrites au budget et qu'il appuie sans réserve: la majoration des droits de scolarité et la hausse progressive du prix de l'électricité _ un cent le kilowattheure _ provenant du bloc patrimonial d'Hydro-Québec à compter de 2014.

Ces «rattrapages» sont raisonnables et auraient dû être faits depuis longtemps, a-t-il soulevé.

Avec une dette brute de 173 milliards $, le Québec affiche un manque à gagner qui ne peut plus être «minimisé» ou «accepté comme si c'était dans l'ordre des choses», a poursuivi le chef caquiste, faisant part de ses attentes à quelques jours du dépôt du budget mardi prochain.

La lutte à l'endettement figure parmi les orientations prioritaires de la Coalition, qui voit dans les redevances issues de l'exploitation des ressources minières _ et éventuellement pétrolières et gazières du golfe du St-Laurent _ l'occasion d'effacer l'ardoise.

Alors que le Parti québécois «veut se payer la traite» avec les revenus des redevances pour financer des programmes sociaux, la CAQ veut consacrer 100 pour cent des recettes à la réduction de la dette, a souligné M. Legault.

«Les revenus pour exploiter des ressources naturelles non renouvelables, le mot le dit, c'est temporaire et non renouvelable. Il faut que cet argent aille à la dette sinon on laisse un cadeau empoisonné à nos enfants. Présentement, on utilise la carte de crédit de nos enfants pour se payer des programmes sociaux», a-t-il illustré.

Malgré l'état des finances publiques, le chef de la CAQ croit que le ministre Bachand est en mesure de dégager une marge de manoeuvre sans pour autant alourdir la charge des contribuables.

Pour cela, il faut sabrer dans les commissions scolaires, les agences de santé, le coût des médicaments et Hydro-Québec, a martelé M. Legault. À terme, le gouvernement pourrait récupérer 1,5 milliard $ par année, selon lui.

En ce qui concerne le financement du réseau de la santé, M. Legault convient que le Québec ne pourra pas combler les besoins si la croissance des transferts fédéraux est limitée à 3 pour cent, comme le suggère le gouvernement Harper.

À défaut d'une meilleure entente sur les transferts, Québec doit demander à Ottawa de lui céder le «champ fiscal» des dépenses de santé, a expliqué le chef de la Coalition, haussant le ton contre le gouvernement de Stephen Harper.

«Que souhaite M. Harper? Privatiser une bonne partie des programmes de santé? Que l'on coupe dans certaines couvertures en santé? Soit il prend la décision et supporte le coût politique, soit il transfert le champ fiscal aux provinces», a-t-il déclaré.

M. Legault est d'avis que ni le premier ministre Jean Charest ni la chef péquiste Pauline Marois n'ont la crédibilité requise pour mener à terme une offensive des provinces.

Parce qu'elle refuse les étiquettes fédéralistes ou souverainistes, la CAQ est seule en mesure de «rebâtir» le rapport de force avec Ottawa, selon lui.

«Nous à la Coalition, on pense que les Québécois ne sont pas prêts à trancher sur la question constitutionnelle, mais il faut garder l'avenir ouvert. On pense que c'est possible de rebâtir le rapport de force en mettant les intérêts du Québec d'abord, à l'intérieur du Canada», a-t-il lancé.