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Lommel, en Belgique, pleure ses enfants tués dans l'accident d'autocar

15/03/2012 07:27 EDT | Actualisé 15/05/2012 05:12 EDT
AFP/Getty Images

BRUXELLES, 15 mars 2012 (AFP) - Larmes, visages fermés, messages de soutien: la petite ville belge de Lommel, "sans histoires" selon ses habitants, pleurait jeudi ses enfants tués dans l'accident d'autocar dans le sud de la Suisse, dans lequel 28 personnes ont perdu la vie.

Vers 08H00, les élèves de l'école primaire 'T Stekske ("La petite allumette" en patois) commencent à arriver. La plupart d'entre eux déposent des fleurs, des ours en peluche, des dessins, des bougies et des mots de soutien à l'entrée de l'établissement.

"Plus d'avenir, plus de beaux rêves d'enfants, juste votre peine indescriptible qui jamais n'en finira: nous la portons avec vous", peut-on lire sur une pancarte déposées au milieu de fleurs.

Le bilan de l'accident est très lourd pour la petite école: sur les 22 enfants d'une douzaine d'années décédés, --15 Belges et sept Néerlandais-- 14 venaient de 'T Stekske. Deux des six adultes morts aussi.

Lommel "est une petite ville sans histoires, où tout le monde se connaît. Alors, quand quelque chose comme cela arrive, cela fait très mal", témoigne Peter Flament, un habitant de 51 ans.

Une veillée de prières était prévue jeudi soir dans une église de cette localité de 33.000 habitants située dans le nord-est de la Belgique, à quelques kilomètres à peine de la frontière néerlandaise.

"C'est surréaliste, un drame tellement énorme...", soupire Stefan Groenendal, les yeux rougis par les larmes, tenant les mains de ses deux fils qu'il conduit à l'école. "Mon fils Max, qui a 11 ans, connaissait plusieurs élèves morts là-bas. Il a beaucoup pleuré hier".

"Allez, on va aller à l'école, d'accord?", dit une mère, le sourire forcé, à sa fille, au moment de la laisser franchir la grille d'entrée.

Dans la cour de l'école, qui compte un peu moins de 200 élèves, les enfants attendent que débutent les cours: si les plus jeunes frappent avec insouciance dans des ballons de football en regardant avec amusement les journalistes amassés à l'extérieur de l'école, les plus âgés sont rassemblés en petits groupes, certains pleurant à chaudes larmes.

"On se rend compte que c'est le pire cauchemar que l'on puisse vivre en tant que parent", assure de son côté Joyce Vlassak, qui a deux filles de 8 et 6 ans. "Je peux imaginer ce que ces parents peuvent ressentir", dit-elle à propos de ceux qui sont partis mercredi en Suisse.

Dans une lettre ouverte diffusée jeudi matin, les enseignants ne cachent pas leur profonde émotion. "Cette nuit a été une nuit sans sommeil. Beaucoup de choses nous sont passées par la tête", écrivent-ils, en indiquant qu'un soutien psychologique sera apporté dans les prochains jours aux élèves dans "un climat de sérénité".

Le premier adjoint au maire de Lommel a annoncé que "les enfants les moins grièvement blessés rentreront probablement par avion" dans la journée.

Les modalités de ce retour seront décidées par le gouvernement belge, qui s'est réuni dans la matinée.

Selon les autorités, 24 enfants présents dans le car ont été blessés, dont quatre grièvement: sept viennent de l'école de Lommel et 17 de celle d'Heverlee (province du Brabant, centre), qui compte aussi neuf morts (deux adultes et sept enfants). Les deux conducteurs du car sont également décédés.

Une journée de deuil national se déroulera prochainement en Belgique, où la presse exprimait jeudi "l'état de choc" de tout un pays. "Les classes de neige ne sont pas censées se terminer comme cela", soulignait le quotidien populaire flamand Het Nieuwsblad, le seul journal à oser publier des photos des enfants heureux prises sur les pistes de ski les jours précédant le drame.

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