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Nicolas Sarkozy s'efforce de rassurer les musulmans de France

14/03/2012 02:59 EDT | Actualisé 14/05/2012 05:12 EDT

PARIS - Le président français Nicolas Sarkozy a assuré mercredi aux musulmans de France qu'ils avaient «leur place dans la République», souhaitant que la campagne électorale ne connaisse plus de polémique blessante comme celle sur la viande halal. Ses propos ont été plutôt bien accueillis par les hauts responsables musulmans, qui ont toutefois appelé à la vigilance.

Le chef de l'État a inauguré mercredi à la Grande mosquée de Paris une stèle rendant hommage aux soldats musulmans morts pour la France durant la Première Guerre mondiale (1914-1918). Il s'est ensuite entretenu avec le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, et le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui.

Le président en a profité pour «dire à nos compatriotes de confession musulmane qu'ils ont naturellement le droit de vivre leur foi». Il a souhaité que «durant cette campagne électorale, certains de nos compatriotes ne se sentent pas blessés par des polémiques qui n'ont pas lieu d'être».

Nicolas Sarkozy, qui brigue un second quinquennat, faisait allusion à la controverse sur la viande halal lancée il y a trois semaines par la candidate du Front national, Marine Le Pen.

«À chaque campagne présidentielle, il suffit que le Front national lève un débat (pour) que tout le monde saute dessus», a déploré Salah Bellouti, président de l'association des Enfants d'anciens combattants français musulmans.

Mohammed Moussaoui, président du CFCM, instance créée lorsque Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur, a salué un souci de cohésion sociale du chef de l'État.

Mais «il faut rester vigilant», a-t-il affirmé. «Les déclarations de nature à enfoncer les musulmans, à les toucher dans leur profondeur risquent de revenir», a-t-il déclaré. C'est pourquoi M. Moussaoui souhaite que les responsables politiques «disent haut et fort le respect de la République (envers) tous ses enfants, quelle que soit leur religion».

Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris, a lui aussi observé que l'islam était «saisi comme un facteur électoral». Mais il ne pense pas que les musulmans de France aient à s'inquiéter.

Il a insisté sur la portée symbolique du «geste exceptionnel et historique» de Nicolas Sarkozy, qui a inauguré la stèle en hommage aux soldats musulmans morts en 1914-1918. Selon M. Boubakeur, «il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu'ici il y a un message de paix, un message de sérénité, un message de fraternité, un message de reconnaissance»

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