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Marché du carbone: les clients de Gaz Métro seront mis à contribution

14/03/2012 03:24 EDT | Actualisé 14/05/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les clients de Gaz Métro pourront constater sur leurs factures l'impact de la nouvelle réglementation québécoise sur les émissions de gaz à effet de serre (GES).

À compter du 1er janvier 2015, Gaz Métro devra couvrir les émissions de GES de la majorité de ses clients en achetant des crédits de carbone sur un marché qui reste à mettre en place. Dans son plus récent rapport annuel, l'entreprise évoque également la possibilité de couvrir ses propres émissions à partir du 1er janvier 2013. Or, la direction a soutenu mercredi qu'il n'en était rien.

Quoi qu'il en soit, les dépenses liées à l'acquisition de ces crédits auront un impact pour les clients de Gaz Métro, puisque le distributeur les inclura dans les demandes tarifaires qu'il présentera à la Régie de l'énergie.

«Le gouvernement demande à Gaz Métro d'assumer la gestion des émissions de ses clients résidentiels, a expliqué mercredi la présidente et chef de la direction de l'entreprise, Sophie Brochu. (...) L'ensemble de la clientèle va assumer, dans le fond, les coûts que le gouvernement lui envoie.»

Comme les modalités d'application du règlement sur les GES ne sont pas encore connues, Gaz Métro ignore l'impact que celui-ci aura sur ses coûts et sur ses tarifs. Dans son rapport annuel, l'entreprise reconnaît toutefois que le règlement «pourrait avoir des impacts significatifs» pour elle.

Selon Gaz Métro, l'achat des droits d'émission remplacera la contribution que l'entreprise verse actuellement au Fonds vert du gouvernement. Au cours de l'exercice qui a pris fin le 30 septembre 2011, Gaz Métro a déboursé 40 millions $ à ce titre, somme qui a été refilée intégralement à ses clients.

Tous les autres distributeurs de combustibles fossiles, y compris les stations-service et les vendeurs de mazout, devront également compenser leurs émissions de GES par des crédits de carbone, ce qui fera probablement augmenter le prix de vente de leurs produits.

Éolien

Gaz Métro a par ailleurs fait part mercredi de son intention de développer de nouveaux projets éoliens.

À l'occasion de l'assemblée annuelle de Valener (TSX:VNR), l'entité qui regroupe les petits actionnaires de Gaz Métro, Mme Brochu a pressé le gouvernement de lancer bientôt les appels d'offres pour un nouveau bloc de 700 mégawatts.

«L'industrie, dont Gaz Métro, va être prête à proposer des offres d'énergie éolienne», a-t-elle déclaré à l'issue de l'assemblée.

Pour ses futurs projets dans ce secteur, Gaz Métro privilégiera la seigneurie de Beaupré, près de Québec, où elle développe actuellement, avec Boralex (TSX:BLX), deux parcs qui comprendront 131 éoliennes d'une puissance installée totale de 272 mégawatts.

Par ailleurs, à des actionnaires qui se plaignaient du recul du cours de l'action de Valener depuis son entrée en Bourse, en octobre 2010, Sophie Brochu a expliqué que le premier objectif de l'entreprise était de maintenir son dividende élevé (qui procurait un rendement annuel de 6,4 pour cent en date de mercredi), et ce, en dépit de la faiblesse des taux d'intérêt à long terme.

Rappelons que la rentabilité de Gaz Métro est encadrée par la Régie de l'énergie en fonction notamment de l'évolution de ces taux.

Pour contrer cet effet négatif, Gaz Métro tente d'accélérer la hausse de ses revenus en développant son réseau de distribution. Son taux de pénétration dans les nouvelles unités résidentielles de la région de Montréal a ainsi atteint 43 pour cent en 2011, contre 30 pour cent un an plus tôt.

La progression du nombre de clients est toutefois plus modeste, se limitant à 1,2 pour cent sur un an, pour un total de 184 373 abonnés à la fin septembre 2011.

L'action de Valener a perdu un pour cent mercredi pour clôturer à 15,62 $, à la Bourse de Toronto.

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