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Le bénéfice et les revenus de Mega Brands ont reculé au quatrième trimestre

14/03/2012 09:14 EDT | Actualisé 14/05/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le fabricant de jouets Mega Brands s'attend à voir ses revenus croître à long terme, mais la faiblesse des ventes de son industrie pendant la période des Fêtes et de décevants résultats financiers pour son quatrième trimestre ont fait plonger son action à leur plus faible niveau en une décennie.

Le bénéfice de la société montréalaise a reculé à 234 000 $ US au quatrième trimestre — qui comprend la cruciale période des Fêtes — comparativement à 11,3 millions $ US un an plus tôt. Par action, le résultat se traduit par une perte de 14 cents US au plus récent trimestre, contre un bénéfice de 17 cents US par action l'année précédente.

Après ajustements pour ignorer les éléments non récurrents, le bénéfice s'est chiffré à 300 000 $ US, soit 2 cents US par action, contre un bénéfice de 11,5 millions $ US, ou 70 cents US par action, au même trimestre en 2010.

Le chiffre d'affaires trimestriel a reculé à 108,5 millions $ US, contre 111,8 millions $ US l'an dernier. Les analystes interrogés par Thomson Reuters anticipaient en moyenne de meilleurs revenus, à 120 millions $ US.

Le recul trimestriel des ventes de jouets est le premier en deux ans pour Mega Brands.

Le titre de la société montréalaise a clôturé mercredi à 6,40 $, en baisse de 1,48 $, soit 18,8 pour cent. Son creux précédent pour les 52 dernières semaines était de 7 $.

Malgré tout, le chef de la direction de Mega Brands, Marc Bertrand, a indiqué, lors d'une conférence téléphonique avec des analystes, que son entreprise était toujours «sur les rails pour ce qui est du plan visant à faire croître les revenus à plus de 550 millions $ US au cours des trois prochaines années, ce qui est le même plan que celui que nous avions lancé lorsque nous avons entamé notre recapitalisation il y a quelques années».

Si elle veut atteindre ce niveau, Mega Brands (TSX:MB) devra faire croître ses revenus de plus de 30 pour cent d'ici 2014.

Les ventes totales de la société ont avancé de deux pour cent à 376,8 millions $ US en 2011. Les revenus tirés des jouets ont avancé de deux pour cent, tandis que ceux tirés des activités de papeterie et de jeux d'activités ont pris trois pour cent.

Le bénéfice de l'entreprise s'est établi à 8,3 millions $ US pour 2011, contre un bénéfice de 131,1 millions $ US lors de l'exercice précédent. Les résultats de 2010 comprenaient cependant un gain de 144,3 millions $ lié au programme de recapitalisation.

En excluant les éléments non récurrents, le bénéfice annuel atteint 12,3 millions $ US, soit 75 cents US par action, comparativement à un bénéfice de 900 000 $ US, ou 7 cents US par action, en 2010.

Recul des ventes américaines

L'industrie américaine du jouet a connu 11 bons mois l'an dernier, avant de voir ses ventes chuter de neuf pour cent en décembre. Cela a fait baisser les ventes au détail de deux pour cent pour l'ensemble de l'année, a indiqué M. Bertrand.

«Les chiffres du quatrième trimestre ne sont par à la hauteur de nos attentes, malgré de solides ventes de nos jouets de construction et une amélioration de celles de nos produits de papeterie et de nos jeux d'activités», a expliqué M. Bertrand aux analystes.

«Le recul des ventes de jouets est essentiellement attribuable aux conditions difficiles aux États-Unis et il est le reflet de ce que la plupart des fabricants de jouets établis aux États-Unis ont connu au cours du trimestre», a-t-il ajouté.

Les plus faibles ventes ont surtout pesé sur la division des jouets, où les revenus ont dégringolé de huit pour cent, particulièrement à cause des mauvaises ventes aux États-Unis.

Avant le plus récent quatrième trimestre, les résultats de la société s'amélioraient constamment à la suite d'une série de rappels de ses jouets magnétiques qui a réduit ses ventes et l'a presque mise en faillite.

Mais Mega Brands reste optimiste quant à ses perspectives pour 2012, faisant remarquer qu'elle a finalement engrangé un bénéfice du côté de ses activités de papeterie et de jeux d'activités, une première depuis leur acquisition des mains de Rose Art en 2005.

Le fabricant va en outre lancer plusieurs jouets liés à des films cet été, notamment Spiderman. Plus de 30 nouveaux jouets Halo se retrouveront sur les tablettes des détaillants cet été en vue du lancement de la nouvelle itération de la populaire franchise de jeux vidéo de Microsoft.

Bien que déçus par les résultats trimestriels, certains analystes voient tout de même de solides occasions pour Mega Brands dans les années à venir.

«Dans l'ensemble, ça a été décevant, mais je crois toujours que 2012 va aller bien mieux», a estimé Neil Linsdell, de chez Partnaires Versant. «Alors que nous nous approcherons de la fin 2012, les jouets vont aller mieux et nous devrions voir de très bonnes choses de la part de cette équipe.»

Gerrick Johnson, de BMO Marchés des capitaux, note que les jouets de construction de Mega Brands semblent perdre du terrain au profit de son rival Lego, qui a vu ses ventes progresser de 17 pour cent l'an dernier. Mais il entrevoit malgré tout une croissance pour la société montréalaise.

«Les gens qui se concentrent davantage sur la restructuration et le décevant quatrième trimestre vont avoir une surprise très positive tout au long de 2012 et ils vont découvrir comment tout cela commence à leur profiter», a-t-il expliqué lors d'un entretien.

Mega Brands conçoit, fabrique et vend des jouets et des jeux d'activités dans plus de 100 pays. Ses quelque 1300 employés travaillent dans des bureaux, usines de fabrication et centres de distribution répartis dans 14 pays.

La société a investi environ 10 millions $ dans ses installations de fabrication montréalaises l'an dernier, ce qui devrait améliorer leur efficacité et réduire les coûts.

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