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L'écrivain et cinéaste Pierre Schoendoerffer est mort à l'âge de 83 ans

14/03/2012 09:14 EDT | Actualisé 14/05/2012 05:12 EDT

PARIS - L'écrivain et cinéaste Pierre Schoendoerffer, qui avait notamment réalisé «La 317e section» et «Le Crabe-tambour», est décédé à l'hôpital militaire Percy, de Clamart en France, a-t-on appris mercredi auprès du service de santé des armées. Il avait 83 ans.

Le président Nicolas Sarkozy a rendu hommage à un «journaliste, cinéaste et romancier de légende, fils spirituel de Joseph Kessel», dont l'oeuvre «était placée tout entière sous le signe de la guerre, et d'abord celle d'Indochine au cours de laquelle il avait été fait prisonnier, à Diên Biên Phu».

«Il y reviendra tout au long de sa carrière, notamment dans 'La 317e section', 'Le Crabe-tambour' ou 'L'honneur d'un capitaine'», note le chef de l'État dans un communiqué, en ajoutant qu'il a été «l'un des très rares réalisateurs français qui, grâce à l'universalité de son message, a obtenu un Oscar à Hollywood — pour son documentaire 'La section Anderson', filmé au Vietnam, qui inspirera Francis Ford Coppola et Oliver Stone».

François Fillon a estimé pour sa part que Pierre Schoendoerffer avait été «un grand témoin de notre temps». «Son oeuvre est admirable parce qu'il était lui-même un baroudeur, un humaniste et un grand seigneur», souligne le premier ministre dans un communiqué.

Les cinéastes de l'ARP (Société civile des Auteurs Réalisateurs Producteurs) saluent pour leur part la disparition d'un «artiste à l'esprit indépendant, témoin attentif de son époque», qui «a posé sur l'écran les douleurs de son siècle et de la guerre», de «La 317e section» (prix du scénario au Festival de Cannes en 1965) à «Diên Biên Phu» en 1994, en passant par «Le Crabe-tambour» en 1976 et «L'Honneur d'un capitaine» en 1982.

Le cinéaste français Pierre Salvadori, qui avait dîné avec Pierre Schoendoerffer en avril dernier lors du festival du film français de Los Angeles, se souvient d'un homme «assez ironique, vraiment à l'écoute, plein de souvenirs, d'anecdotes, et qui avait encore envie de tourner, qui était dans le présent, très tonique».

«J'ai été très surpris d'apprendre sa mort» a confié à l'Associated Press le réalisateur de «Hors de prix» et «De vrais mensonges». «Il fumait, il picolait, il était marrant», a-t-il poursuivi, en se disant «frappé par sa curiosité, son élégance», sa courtoisie et sa discrétion. «C'est ça qui m'a frappé chez lui. C'est quelqu'un qui avait de la tenue exactement comme ses personnages au cinéma», a-t-il souligné. «C'est un homme qui m'a beaucoup charmé en une rencontre.»

Eric Garandeau, le président du Centre national du cinéma et de l'image animée, a rendu hommage dans un communiqué à «un auteur combattant» qui «a su mêler ses talents de romancier, de reporter et de cinéaste pour bâtir une oeuvre dense, pionnière, singulière, ouvrant le front d'un cinéma nouveau, de combat et d'engagement, au croisement du film d'auteur et du film de guerre».

Né à Chamalières (Puy de Dôme) le 5 mai 1928, Pierre Schoendoerffer avait travaillé très jeune dans la marine marchande avant de rejoindre l'Indochine en tant qu'engagé volontaire, travaillant comme caméraman au service cinématographique des armées en 1952. Prisonnier à Diên Biên Phu, puis libéré, il avait ensuite fait des reportages, notamment pour «Paris Match», dans de nombreux pays étrangers comme la Malaisie, le Maroc, le Yémen, l'Algérie et le Laos.

Il partagera ensuite sa carrière entre le cinéma et l'écriture. Plusieurs de ses romans ont été récompensés, comme «L'adieu au roi» (prix Interallié, 1969) et «Le Crabe-tambour» (grand prix du roman de l'Académie française, 1976).

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