Le Parlement iranien met sur le gril le président Ahmadinejad

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Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. (Photo Getty) | Getty Images

TÉHÉRAN, Iran - Le Parlement iranien a confronté mercredi le président Mahmoud Ahmadinejad, lui reprochant notamment une mauvaise gestion du pays et d'avoir défié l'autorité du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

C'est la première fois depuis la Révolution islamique en 1979 qu'un président iranien doit se soumettre aux questions du Parlement. Le député conservateur Ali Motahari a lu une série de dix questions au président Ahmadinejad, au cours d'une séance retransmise en direct à la radio publique.

Plusieurs des questions ont porté sur la crise du printemps 2011, quand Mahmoud Ahmadinejad avait refusé pendant 11 jours d'appliquer un ordre d'Ali Khamenei de réintégrer le ministre du Renseignement Heidar Moslehi, écarté en avril 2011 par M. Ahmadinejad. Le président s'est défendu mercredi de tout manque de loyauté envers le guide suprême.

Le président iranien a également été interrogé sur la forte hausse des prix, notamment de l'essence et des produits alimentaires, à l'origine d'un mécontentement de la population. Le président iranien a défendu son bilan, souvent de façon sarcastique.

«Ce n'était pas un questionnaire très difficile», a-t-il lancé. «Si vous nous aviez consulté, de meilleures questions auraient pu être posées. (...) Soyez équitables. Donnez moi une bonne note. Toute note inférieure à 20/20 sera impolie», a-t-il ironisé.

Plusieurs députés ont déploré son attitude, estimant que le président leur avait manqué de respect.

«Si le Parlement a pu soutenir Ahmadinejad avant aujourd'hui, c'est bien fini», a réagi le député Mohammad Taqi Rahbar.

«Le président a été insultant tout au long de son discours. Il a éludé les questions. Comme prévu, nous n'avons obtenu aucune réponse cohérente», a commenté le député Mostafa Reza Hosseini.

Un autre parlementaire, Ghodratollah Aki Khani, a déclaré que le «Parlement est maintenant très opposé au président. Il n'a pas respecté la chambre. Avec un peu de chance, la prochaine étape sera la destitution d'Ahmadinejad.»

Cette séance intervient sur fond d'affrontements entre factions conservatrices iraniennes. Selon les premiers résultats des élections législatives du 2 mars, les partisans d'Ali Khamenei ont devancé ceux du président Ahmadinejad. Ce dernier va vraisemblablement devoir composer avec un Parlement encore plus hostile pour finir les 18 derniers mois de son second mandat, qui s'achève en 2013.

Il s'agissait des premières élections nationales depuis la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009, qui avait suscité des manifestations de masse, réprimées par le régime.

L'opposition ayant été étouffée par trois ans de répression brutale et les grandes factions réformatrices ayant été absentes des bureaux de vote, le scrutin s'est résumé en affrontement au sein du camp ultraconservateur.

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