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Cuba: des dissidents occupent une église et réclament une audience avec le pape

14/03/2012 07:50 EDT | Actualisé 14/05/2012 05:12 EDT

LA HAVANE, Cuba - Treize dissidents cubains se sont réfugiés dans une église de La Havane et demandent une audience avec le pape Benoît XVI lors de sa visite à Cuba dans deux semaines, affirmant vouloir lui parler de la situation des droits de la personne dans l'île, a-t-on appris mercredi.

La basilique Notre-Dame de la Charité, dans le centre de La Havane, était à moitié fermée mercredi. Seuls les pèlerins venus visiter une image de la Vierge de la Charité de Cobre, sainte patronne de Cuba, ont été autorisés à y entrer. Aucun policier n'était visible dans les environs et les activités se déroulaient normalement dans les rues environnantes.

Les dissidents se sont réfugiés dans une zone de l'église inaccessible aux fidèles, selon le dissident William Cepera. Il a affirmé leur avoir parlé à travers une fenêtre qui a ensuite été fermée.

«Ils sont entrés dans l'église la nuit dernière et y sont restés. Ils ne bougeront pas», a-t-il dit.

M. Cepera a indiqué que ses collègues du Parti démocratique du 30 novembre, qui forme un petit groupe d'opposition, avaient tenté de se joindre aux dissidents dans l'église mais n'avaient pas pu y entrer.

«Nous voudrions parler avec le pape et lui dire que le gouvernement de Fidel et Raul (Castro) n'a libéré que certains prisonniers, mais qu'il y a encore des prisonniers politiques» à Cuba, a dit M. Cepera.

Le militant Elizardo Sanchez, porte-parole de facto des dissidents en tant que président de la Commission cubaine des droits de la personne, a confirmé qu'il y avait 13 manifestants dans l'église.

«Nous espérons une issue compatissante. L'occupation est pacifique», a-t-il dit, précisant que de hauts responsables de l'Église catholique cubaine avaient rendu visite aux dissidents mardi soir.

Un porte-parole de la basilique Notre-Dame de la Charité, Orlando Marquez, a estimé que cette manifestation était un manque de respect envers le pape et les catholiques qui veulent aller prier dans l'église.

«Personne n'a le droit de transformer des temples en tranchées politiques», a-t-il écrit dans une déclaration. «Personne n'a le droit de perturber l'esprit des Cubains croyants et des nombreux autres citoyens qui attendent avec espoir et jubilation la visite du saint père Benoît XVI à Cuba.»

M. Marquez a appelé le groupe de manifestants à quitter la basilique immédiatement.

Les responsables du gouvernement cubain n'ont pas répondu aux appels les invitant à commenter la situation.

Les autorités cubaines affirment qu'elles ne détiennent aucun prisonnier politique. Au moins 75 militants antigouvernementaux arrêtés en 2003 ont été libérés l'an dernier en vertu d'un accord conclu avec l'aide de l'Église catholique.

En décembre, le président Raul Castro a gracié 2900 prisonniers, la plupart condamnés pour des crimes mineurs, en lien avec la visite du pape à Cuba, du 26 au 28 mars.

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