Cancer de la prostate: une étude jette le doute sur la pertinence du dépistage

Première Publication: 14/03/2012 17:03 Mis à jour: 16/03/2012 09:26

Prostate
Des résultats mitigés pour mesurer les bénéfices réels du dépistage du cancer de la prostate. (Photo Alamy)

Une vaste étude portant sur des Européens a donné des résultats mitigés pour mesurer les bénéfices réels du dépistage du cancer de la prostate.

L'étude révèle que l'examen sanguin de l'antigène prostatique spécifique (PSA) tous les quatre ans réduit le risque de décès dû au cancer de la prostate. Toutefois, elle montre aussi que le dépistage ne change pas le taux de mortalité général parce que la plupart des hommes meurent de toute façon d'autres causes.

Les résultats rappellent la triste vérité de cette maladie: la plupart des cancers de la prostate se développent trop lentement pour menacer la vie des patients, et il n'y a toujours pas de façon de savoir lesquels seront mortels.

Lorsqu'un cancer est dépisté, il mène souvent à des traitements qui peuvent causer de l'impuissance et de l'incontinence. L'examen du PSA, une protéine présente dans le sang des hommes et fabriquée par la prostate, dont le dosage sert à dépister la présence du cancer, mesure le niveau d'inflammation, qui n'est pas nécessairement causée par le cancer.

L'étude est publiée ce jeudi dans le New England Journal of Medecine.

En octobre, un comité d'experts nommé par le gouvernement américain a émis une recommandation contre le dépistage par le test PSA.

Seules deux études se sont penchées sur la question. La première, réalisée aux États-Unis, affirmait qu'un test PSA par année n'avait pas d'impact sur le taux de mortalité du cancer de la prostate, tandis que la deuxième, européenne cette fois, prétendait qu'un test aux quatre ans pouvait aider.

La nouvelle recherche a suivi 162 000 hommes âgés entre 55 et 69 ans pendant 11 ans. Les chercheurs ont établi que pour qu'une seule vie soit sauvée, 1055 hommes devraient se soumettre à l'examen et 37 cancers devraient être détectés.

De plus, le taux de mortalité était le même chez les hommes ayant subi les dépistages et ceux qui ne l'ont pas subi.

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Publié par Patrick White  |