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C.-B.:la pénurie de médicaments provoque de l'incertitude dans des salles d'op

14/03/2012 02:06 EDT | Actualisé 14/05/2012 05:12 EDT

TORONTO - Deux grands hôpitaux de la région de Vancouver ont annulé inutilement des opérations chirurgicales cardiaques non urgentes à cause d'une mauvaise évaluation de la pénurie de médicaments qui frappe le pays.

L'hôpital général de Vancouver et l'hôpital St.Paul's ont reporté, mardi, neuf chirurgies cardiaques par crainte de manquer d'un médicament essentiel si des cas plus urgents devaient survenir. Le médicament en question, la potamine, est le seul dont disposent les anesthésistes pour combattre l'effet d'un anticoagulant utilisé lors d'un pontage coronarien.

Mais le porte-parole Gavin Wilson a ensuite expliqué que ces annulations n'étaient finalement pas nécessaires, et qu'elles ont été décidées suite à un problème de communication concernant la quantité de potamine effectivement disponible. M. Wilson a précisé que les chirurgies cardiaques ont repris et que les interventions annulées auront lieu bientôt.

M. Wilson a indiqué que les hôpitaux disposent de réserves de potamine pour environ cinq semaines, et que le fournisseur Sandoz a promis d'accélérer ses expéditions du produit au cours des prochaines semaines.

Sandoz Canada, le principal fournisseur de potamine, a ralenti sa production d'anesthésiques, d'analgésiques, d'antibiotiques et de médicaments anticancer courants pendant qu'il améliore les techniques de fabrication à son usine de Boucherville, en Montérégie, en réponse aux préoccupations de la Food and Drug Administration des États-Unis.

L'usine, qui produit environ 90 pour cent des médicaments injectables du pays, a aussi été frappée par un incendie et les dégâts sont en voie d'être nettoyés, a indiqué la compagnie.

À la Chambre des communes, mardi, la porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de santé, Libby Davies, a accusé la ministre fédérale, Leona Aglukkaq, de ne rien faire de concret pour pallier les pénuries de médicaments, pas même de rendre obligatoire le signalement par les compagnies pharmaceutiques d'un déficit de production de certains médicaments.

Un tel signalement se fait actuellement sur une base volontaire, bien que les compagnies aient de plus en plus tendance à signaler tout ralentissement dans leurs productions.

Mme Aglukkaq a affirmé que ce sont les provinces et territoires qui déterminent quels médicaments sont nécessaires pour leurs besoins, et qui s'entendent ensuite avec les fournisseurs. Elle a par ailleurs envoyé une lettre à la compagnie Sandoz, la semaine dernière, soutenant que son manque de transparence était «inacceptable».

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