C-10: Le sénateur Boisvenu reproche à Québec de favoriser le statu quo

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Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu. (Photo PC) | CP/Photo Illustration

OTTAWA - Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu reproche au ministre québécois de la Justice de défendre le statu quo plutôt que les victimes d'actes criminels.

Mardi, le ministre Jean-Marc Fournier a annoncé les mesures que Québec entend mettre en oeuvre pour minimiser certains impacts de la loi C-10 adoptée lundi soir par le gouvernement fédéral. Cette loi durcit les peines de prison.

«(Ces décisions) rappelleront les enseignements de la Cour suprême selon lesquelles, à long terme, la société est mieux protégée par la rééducation, la réadaptation et la réinsertion sociale d'un adolescent», disait le ministre Fournier, en conférence de presse, mardi.

Ainsi, Québec promet que la divulgation de l'identité d'un adolescent criminel demeurera l'exception plutôt que la norme. Et afin de contourner la nouvelle obligation pour les procureurs de proposer une peine pour adulte pour les jeunes reconnus coupables d'un crime violent et âgés de plus de 14 ans, le gouvernement provincial utilisera une disposition de la loi afin de hausser cet âge à 16 ans

Le sénateur Boisvenu convient que le ministre Fournier agit dans le cadre de ses pouvoirs. Mais il estime qu'en adoptant cette approche, le ministre québécois ne défend pas les victimes.

«Où je suis déçu, c'est que j'ai comme l'impression qu'au Québec, il n'y a pas de ministre des victimes d'actes criminels», a dit le sénateur à l'entrée du caucus conservateur mercredi matin.

«M. Fournier a défendu plus le statu quo que défendu ce que les victimes ont demandé depuis des années, (c'est-à-dire) de faire en sorte que les sentences soient données en fonction de la gravité des crimes», a accusé le sénateur.

M. Boisvenu reproche aussi au ministre Fournier de ne pas avoir dit le mot «victime» une fois, lors de son point de presse à Montréal, mardi.

«Donc je dis à M. Fournier: êtes-vous ministre de la Sécurité publique ou de la Justice au Québec? Si vous êtes ministre de la Justice, parlez au nom des victimes», a-t-il réclamé.

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