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À Paris, Charest n’a pas pu échapper complètement à la grève des étudiants

14/03/2012 08:44 EDT | Actualisé 14/05/2012 05:12 EDT

PARIS - Même peu nombreux, les étudiants québécois séjournant à Paris auront réussi à se rappeler au bon souvenir de Jean Charest pendant la visite qu’il vient d’effectuer dans la capitale française.

Mercredi matin, le premier ministre a conclu sa mission de trois jours par une conférence devant l'Institut français des relations internationales. Pendant la période de questions qui a suivi, Émile Grenier, qui étudie en maîtrise d'histoire à la Sorbonne, l'a pressé de reprendre les négociations, avant que d'autres étudiants «perdent un oeil face aux matraques de l'antiémeute».

L'étudiant faisait référence à un jeune homme qui a été blessé à un oeil, la semaine dernière, lors d'une intervention policière pour mettre fin à l'occupation par les étudiants du siège social de Loto-Québec, dans le cadre d'une manifestation contre la hausse des droits de scolarité.

«On est plusieurs étudiants québécois en France et on est un peu scandalisés par ce qui se passe chez nous. On a de la famille, des amis qui font partie de ces gens qui reçoivent des coups de matraque pour protéger l’accessibilité à l’éducation», a déclaré l’étudiant après son intervention.

Émile Grenier faisait partie de la soixantaine d’étudiants qui se sont regroupés devant la Délégation générale du Québec, vendredi dernier, pour protester contre la venue du premier ministre.

Lundi, un autre d’entre eux, William-J. Beauchemin, avait tenté d'interpeller M. Charest à son arrivée au siège de l'Organisation internationale de la Francophonie.

Il avait franchi le cordon de sécurité un peu trop brusquement au goût des policiers de la Sûreté du Québec qui protègent le premier ministre. L’un d’eux l'avait rudement maîtrisé et conduit à l’écart. Sur Internet, le jeune homme assume son geste.

«Se faire taper par l'antiémeute, c'est trop 'mainstream', a écrit M. Beauchemin sur sa page Facebook, sur un ton badin. Moi, c'est la garde rapprochée de Jean Charest ou rien. (Bon, j'ai failli perdre mon visa, mais ça valait la peine).»

Venu de l’UQAM, William-J. Beauchemin poursuit des études de philosophie à l’université de la Sorbonne. Remis aux policiers français chargés de la protection des hautes personnalités, il a été relâché au bout de 45 minutes, mais on lui aurait rappelé qu’il risquait en cas de récidive de perdre le visa qui l’autorise à étudier en France.

M. Beauchemin voulait remettre au premier ministre Charest un faux billet d’avion Paris-Montréal pour l’inciter à rentrer au Québec pour négocier avec les «160 000 étudiants en grève».

Depuis des semaines, des étudiants d'université et de cégep du Québec protestent de toutes les manières possibles, notamment par un boycottage de leurs cours, contre la hausse des droits de scolarité annoncée. Les manifestations se multiplient, mais le gouvernement ne bronche pas et maintient le cap.

Les droits de scolarité doivent ainsi être augmentés de 325 $ par année pendant cinq années consécutives, à compter de l'automne prochain. Ils passeront ainsi de 2168 $ en 2011-2012 à 3793 $ en 2016-2017.

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