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Profilage racial: un policier de Toronto a soupçonné à tort un facteur noir

13/03/2012 03:35 EDT | Actualisé 13/05/2012 05:12 EDT

TORONTO - Le plus haut tribunal ontarien a statué, mardi, qu'un policier de Toronto a fait preuve de profilage racial lorsqu'il a soupçonné à tort un facteur noir livrant le courrier dans un quartier aisé, alors qu'il était en fait à la recherche de deux suspects blancs.

En rejetant la requête du policier, la Cour d'appel s'est rangée derrière la décision d'un tribunal de première instance qui avait, lui, confirmé le jugement du Tribunal ontarien des droits de la personne concluant à de la discrimination.

La facteur, Ronald Phipps, portait un uniforme et une sacoche de Postes Canada alors qu'il livrait le courrier à pied. L'agent Michael Shaw, qui patrouillait le quartier, recherchait des hommes blancs, à bord d'un véhicule, soupçonnés de sectionner des lignes téléphoniques.

Même si M. Phipps ne correspondait pas du tout à la description des suspects, l'agent Shaw a soupçonné le facteur d'utiliser l'uniforme de Postes Canada comme stratagème. Le policier a affirmé que ses soupçons n'avaient rien à voir avec le fait que M. Phipps soit noir.

Selon des documents déposés en cour, le policier l'a intercepté et interrogé, a effectué une recherche informatique à l'aide de son identité, et s'est adressé à un résident et à un autre facteur, blanc, pour obtenir des informations sur M. Phipps. Il n'a rien découvert et le facteur a pu reprendre sa livraison du courrier.

En juin 2009, le Tribunal des droits de la personne avait statué que M. Phipps avait prouvé que de la discrimination basée sur la couleur de la peau était probablement un «facteur prédominant» pour expliquer l'attitude du policier.

L'agent Michael Shaw et le chef de la police, Bill Blair, avaient porté cette décision en appel.

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