NOUVELLES

Un ex-cadre d'Imperial Tobacco soutient que les risques du tabac étaient connus

13/03/2012 04:15 EDT | Actualisé 13/05/2012 05:12 EDT
AP

MONTRÉAL - Un ancien porte-parole d'une compagnie de tabac a déclaré mardi en cour que les gens poursuivant aujourd'hui les cigarettiers devaient être «aveugles» pour avoir raté les informations, transmises dès les années 1960, sur les dangers possibles de la cigarette.

Au cours de la première journée complète de témoignages dans ce mégaprocès civil, mardi, à Montréal, Michel Descôteaux a soutenu que son entreprise faisait déjà l'objet de critiques dans les années 1960 en raison des risques potentiels de la cigarette pour la santé.

Michel Descôteaux, qui a dirigé le service des relations publiques d'Imperial Tobacco Canada pendant plus de 20 ans, a raconté qu'il ne valait même pas la peine d'essayer d'argumenter avec le public et les médias, qui ne voulaient entendre qu'une chose: fumer est mauvais pour la santé.

M. Descôteaux était le premier témoin dans le cadre du recours collectif de 27 milliards $ intenté au nom des fumeurs du Québec contre les trois plus grands fabricants de cigarettes au Canada. Il s'agit du plus important procès civil de l'histoire canadienne. C'est également la première fois que des cigarettiers sont poursuivis au civil au Canada.

Le procès historique contre Imperial Tobacco Canada, JTI Macdonald et Rothmans-Bensons & Hedges s'est amorcé lundi au palais de justice de Montréal.

Les fumeurs accusent les compagnies de tabac de les avoir induits en erreur pendant des années au sujet des dangers potentiels de la cigarette.

Appelé à la barre, Michel Descôteaux a affirmé que les recherches effectuées par les scientifiques à l'emploi d'Imperial Tobacco il y a une quarantaine d'années montraient qu'il n'existait pas de liens entre tabagisme et santé publique. Il a toutefois soutenu que la population et la presse avaient rejeté cette allégation, et exigé que l'entreprise dise la vérité.

Selon lui, l'opinion publique jugeait déjà à l'époque que la cigarette était à l'origine de plusieurs décès, et il aurait fallu être «aveugle» pour ne pas voir qu'Imperial Tobacco n'avait aucune crédibilité auprès de la population et des médias quand elle soutenait le contraire.

M. Descôteaux a affirmé qu'au fil d'une période de trois décennies, l'avis de la compagnie concernant les effets sur la santé avait changé — allant de la croyance qu'il n'y avait pas de liens avec certaines maladies, à l'hypothèse au tournant de l'an 2000 que fumer posait un risque.

En ce qui a trait aux détails de la manière et du moment précis du virage de l'opinion de la compagnie, M. Descôteaux a dit ne pas pouvoir répondre, malgré qu'il ait été l'unique porte-parole d'Imperial Tobacco pendant plus de 20 ans.

Il a fait valoir que la compagnie n'avait pas pris part au débat lorsqu'elle était interrogée sur les risques sur la santé et que ses réponses étaient généralement courtes. L'ancien porte-parole a invité la cour à examiner les mots choisis dans les communiqués au fil du temps.