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Les États-Unis, l'UE et le Japon portent plainte contre la Chine à l'OMC

13/03/2012 10:36 EDT | Actualisé 13/05/2012 05:12 EDT

BRUXELLES - Les États-Unis, l'Union européenne et le Japon ont déposé chacun une plainte mardi auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), reprochant à la Chine de limiter ses exportations de terres rares, des minerais essentiels pour la fabrication des produits de haute technologie.

La Chine a la mainmise sur la production mondiale de 17 de ces métaux que l'on retrouve dans des voitures hybrides, des armes, des télévisions à écran plat, des téléphones portables ou encore des éclairages à vapeur de mercure.

Mais Pékin a réduit ses quotas d'exportation de terres rares ces dernières années pour répondre à une demande intérieure croissante, les autorités chinoises invoquant également des raisons environnementales.

Les responsables de l'industrie américaine dénoncent une pratique commerciale injuste et contraire aux règles de l'OMC. Le commissaire européen en charge du commerce, Karel De Gucht, explique de son côté que les quotas et des taxes à l'exportation donnent aux entreprises chinoises un avantage concurrentiel injuste. «Ces mesures nuisent aux producteurs et consommateurs dans l'UE et dans le monde», affirme-t-il.

Le président américain Barack Obama a annoncé mardi à la Maison-Blanche le dépôt de la plainte des États-Unis. «Si la Chine laissait simplement le marché fonctionner de lui-même, nous n'aurions pas d'objection», a déclaré le président américain. «Mais ses politiques actuelles empêchent que cela se produise. Et elles vont à l'encontre des règles que la Chine a accepté de suivre.»

Et M. Obama d'ajouter: «Lorsque ce sera nécessaire, je prendrai des mesures si nos travailleurs et nos entreprises sous soumis à des pratiques injustes.»

Les États-Unis, l'UE et le Japon ont déposé plainte séparément auprès de l'OMC. La procédure prévoit d'abord une consultation sur le litige. Si aucune solution n'est trouvée après 60 jours, le dossier peut-être transmis à un groupe spécial de l'OMC en vue d'un jugement. Au final, la procédure pourrait donner lieu à des sanctions contre la Chine.

Outre les terres rares, les plaintes portent également sur le tungstène et le molybdène. La Chine possède environ 30 pour cent des gisements de terres rares, mais assure 97 pour cent de la production mondiale.

La politique chinoise sur les terres rares est «en conformité» avec les règles de l'OMC, a déclaré mardi, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Weimin.

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