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Les forces syriennes auraient repris le contrôle de la ville d'Idlib

13/03/2012 03:25 EDT | Actualisé 13/05/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Après Homs au début du mois de mars, les forces syriennes ont repris le contrôle de la ville d'Idlib tenue depuis des mois par l'insurrection, ont rapporté mardi le journal gouvernemental «Al-Watan» et l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH).

Les autorités syriennes n'ont pas fait de commentaire sur la situation.

Selon «Al-Watan» et l'OSDH, les forces gouvernementales ont repris le contrôle d'Idlib, dans le nord-ouest du pays, une ville à majorité sunnite de quelque 150 000 habitants qui était jusqu'à présent sous le contrôle de centaines de combattants de l'Armée syrienne libre, composé de déserteurs de l'armée.

D'après l'OSDH, les forces gouvernementales sont confrontées à des poches de résistance dans trois secteurs d'Idlib, dont ceux de Dubait et de Bustan Ghanoum, dans le centre de la ville. Mais les insurgés manquent de munitions, selon des témoins.

L'OSDH et les Comités locaux de coordination ont par ailleurs fait état de violents affrontements entre les forces du régime et l'insurrection à Maaret al-Numan, également dans le nord de la Syrie.

D'autres violences ont été signalées par des militants dans la province de Hama, dans la banlieue de Damas et dans d'autres régions du pays. Elles auraient fait plusieurs dizaines de morts, selon les militants.

Les informations sur la chute d'Idlib interviennent au lendemain de celles faisant état d'un nouveau massacre à Homs, où le quartier de Baba Amr a été pilonné pendant des semaines. Des miliciens soutenant le régime de Bachar el-Assad ont tué dimanche soir au moins 16 personnes, dont des enfants, dans le quartier de Karm el-Zeytoun, ont annoncé des militants syriens lundi.

L'OSDH rapporte qu'au moins 16 personnes ont été tuées, tandis que les Comités locaux de coordination avancent un bilan de 45 morts. Les deux organisations précisent que des enfants figurent parmi les victimes et attribuent ces morts aux «shabiha», des miliciens pro-régime.

Ces informations renforcent les craintes que des civils soient la cible de représailles dans les secteurs reconquis par les forces fidèles au régime. Les médias officiels syriens ont confirmé que des personnes avaient été tuées à Homs, mais ont imputé ces morts à des «terroristes armés», qualificatif fréquemment utilisé par ces médias pour désigner les opposants.

Au Caire, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Elaraby, a souligné que le massacre de civils, que ce soit à Homs ou à Idlib, constituait un crime contre l'humanité. Il a appelé à une «enquête internationale impartiale pour démasquer les responsables et les traduire en justice».

À Genève, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a déclaré mardi que 230 000 Syriens avaient fui leur maison depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar el-Assad, en mars 2011. Selon les estimations du HCR, 200 000 Syriens ont été déplacés à l'intérieur du pays, tandis que 30 000 autres se sont réfugiés en Turquie, au Liban et en Jordanie.

«Des centaines de gens, chaque jour, continuent à gagner les pays voisins», a précisé Panos Moumtzis, coordonnateur du HCR pour la Syrie.

Selon l'organisation américaine Human Rights Watch, l'armée syrienne a placé des mines près de ses frontières avec la Turquie et le Liban, le long de routes empruntées par des Syriens fuyant les violences.

Le président Bachar el-Assad a par ailleurs annoncé la tenue des élections législatives le 7 mai. Ce scrutin devait initialement avoir lieu en mars, mais il avait été repoussé. On ignore toutefois comment une telle élection pourrait avoir lieu en raison des violences.

La porte-parole du département d'Etat américain, Victoria Nuland, a affirmé que tenir des élections en Syrie n'aurait aucun sens, jugeant l'initiative «ridicule».

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