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Le NPD presse le gouvernement d'agir sur la pénurie de médicaments

13/03/2012 09:42 EDT | Actualisé 13/05/2012 05:12 EDT

La pression s'accentue sur la ministre fédérale de la Santé Leona Aglukkaq pour qu'elle prenne des actions plus musclées afin de pallier au manque de médicaments au pays.

Des pénuries de médicaments sont survenues plus souvent au cours des deux ou trois dernières années, tant au Canada qu'à travers le monde. Mais les récents arrêts de production de la compagnie de produits génériques Sandoz, établie au Québec, ont ouvert une brèche encore plus grande dans l'approvisionnement.

L'usine de Sandoz à Boucherville a cessé de produire un certain nombre de médicaments contre la douleur, des antibiotiques, des anesthésiants et des médicaments pour traiter le cancer, alors qu'elle procède à une mise à jour de ses normes de fabrication pour respecter l'avis de la Food and Drug Administration des États-Unis.

L'usine, qui produit 90 pour cent des médicaments injectables utilisés au Canada, a aussi été touchée par un incendie au cours du processus de mise à jour et effectue présentement des travaux de nettoyage, a confirmé mardi la compagnie. L'interruption de la production a suscité des craintes que des patients souffrent de l'incapacité des hôpitaux à avoir accès à des médicaments essentiels pour certaines opérations et traitements.

À la Chambre des communes, mardi, la porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière de santé, Libby Davies, a accusé Mme Aglukkaq de ne rien faire de concret pour pallier aux pénuries de médicaments, pas même de rendre obligatoire le signalement par les sociétés pharmaceutiques d'un déficit de production de certains médicaments.

Un tel signalement se fait actuellement sur une base volontaire, bien que les compagnies aient de plus en plus tendance à rapporter les interruptions dans leurs lignes de production.

«Le fait est que la ministre a refusé de se lever et de faire preuve du leadership qui est requis dans cette crise», a soutenu Mme Davies aux Communes.

Mais Mme Aglukkaq a affirmé que les provinces et territoires déterminent quels médicaments sont nécessaires pour leurs besoins et s'entendent avec les fournisseurs.

«Le rôle de notre gouvernement est de soutenir les provinces et les territoires en les dirigeant vers des fournisseurs canadiens approuvés lorsque leurs besoins n'ont pas été comblés», a dit la ministre fédérale, ajoutant que son ministère avait appelé à des approbations réglementaires accélérées pour des produits provenant d'ailleurs dans le monde.

Mme Aglukkaq a envoyé une lettre à la compagnie Sandoz, la semaine dernière, soutenant que son manque de transparence est «inacceptable».

L'enjeu du manque de médicaments devrait être au coeur des débats mercredi aux Communes. Le NPD prévoit utiliser sa journée de l'Opposition pour débattre d'une motion appelant le gouvernement Harper à travailler avec les provinces, les territoires et l'industrie pharmaceutique pour mettre en forme une stratégie nationale visant à anticiper et réagir aux interruptions dans l'approvisionnement.

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