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Un «sit-in» des étudiants bloque une portion du centre-ville de Montréal

12/03/2012 09:01 EDT | Actualisé 12/05/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le mouvement étudiant contre la hausse des frais de scolarité a encore donné lieu lundi à des actions ayant mobilisé les forces policières, mais aucun affrontement entre les deux camps n'a été rapporté.

Des étudiants ont formé un «sit-in» sur la rue Sainte-Catherine, près de la rue Sanguinet, lundi après-midi, forçant le blocage d'une partie du centre-ville de Montréal.

La police a indiqué en milieu d'après-midi que les voitures ne pouvaient circuler sur la rue Sainte-Catherine entre les rues Saint-Laurent et Saint-Denis, et sur la rue Sanguinet entre De Maisonneuve et René-Lévesque.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a qualifié la manifestation de «paisible» et affirmait qu'aucun avis d'éviction n'avait été lancé. Vers 23h30, les policiers suivaient les étudiants qui se déplaçaient au centre-ville.

La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a dit croire que les incidents de la semaine dernière avaient sans doute «porté les deux groupes à réfléchir».

Selon elle, la police accorde plus de latitude aux étudiants, qui à leur tour s'entendent pour faire entendre leurs voix contre la hausse des droits de scolarité «dans le calme».

Un événement artistique appelé la «Nuit de la création» devait se mettre en branle à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) à 18h.

En matinée, la direction de l'UQAM a ordonné la fermeture pour la journée de quatre de ses principaux pavillons, par crainte de leur occupation par des étudiants.

C'est en réaction à cette fermeture que le «sit-in» s'est mis en place sur la rue Sainte-Catherine, a indiqué Mme Desjardins.

Tout indiquait que l'événement à caractère artistique n'aurait pas lieu, avait-elle soutenu en fin d'après-midi.

Loin de s'essouffler, le mouvement de contestation étudiante contre la hausse des droits de scolarité prend de l'ampleur.

Les étudiants du premier cycle de l'Université Concordia à Montréal ont voté en faveur de la grève, lundi matin.

Mercredi, ce sera au tour des étudiants de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) de se positionner sur leur participation au mouvement de contestation.

Près de 150 000 étudiants sont en grève à ce jour, estime Mme Desjardins. La présidente de la FEUQ en a profité pour dénoncer l'attitude du gouvernement Charest qui refuse, selon elle, d'entamer un dialogue avec les étudiants sur la question de la hausse des droits de scolarité.

«On a demandé à être reçus pour les consultations prébudgétaires, mais il n'y a pas eu de réponse dans un sens ou l'autre. On trouve ça vraiment problématique que le gouvernement ne veut même pas entendre les étudiants. On continue de faire des démarches auprès du gouvernement, qui s'entête avec sa décision», a-t-elle fait valoir.

Québec entend augmenter les droits de scolarité de 1625 $ sur une période de cinq ans.

Plusieurs actions ont encore eu lieu, lundi, à travers le Québec. Une marche silencieuse s'est tenue en matinée à partir du parc Émilie-Gamelin, à Montréal.

Les activités d'au moins deux des universités québécoises ont été perturbées. D'abord, tôt en matinée, des étudiants ont bloqué l'accès à la Tour des sciences de l'éducation de l'Université Laval, où sont aménagés plusieurs bureaux de l'administration de l'Université dont celui du recteur, Denis Brière.

Marie Christine Trottier, porte-parole du Front Régional des Associations étudiantes à Québec de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (FRAQ-ASSÉ), reproche au recteur Brière d'endosser la hausse des droits en sa qualité de président de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).

À l'UQAM, les pavillons affectés par la fermeture sont Hubert-Aquin, Judith-Jasmin, Paul-Gérin-Lajoie et Thérèse-Casgrain. Ils sont inaccessibles jusqu'à nouvel ordre, mais l'UQAM assurait que ses autres pavillons demeuraient ouverts et que les activités continueraient de s'y dérouler.

De plus, peu après l'aube, un piquetage d'enseignants en appui à la lutte des étudiants a eu lieu au Collège Edouard-Montpetit, à Longueuil.

Mme Desjardins a dit croire que des enseignants passaient de l'«appui aux actes», et que leur soutien se manifestait de plus en plus.

Une manifestation est prévue dans les rues du Quartier international de Montréal mardi à 13h.

Un grand rassemblement national est organisé pour le 22 mars, à Montréal, à l'appel tant de la FEUQ, de la Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), que la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ).

Mme Desjardins a noté que les associations avaient annoncé le trajet de cette grande manifestation, afin d'«assurer la sécurité» des participants.

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