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Syrie: 16 personnes tuées par des miliciens pro-régime à Homs, selon l'OSDH

12/03/2012 08:25 EDT | Actualisé 12/05/2012 05:12 EDT

Des miliciens soutenant le régime de Bachar el-Assad ont tué au moins 16 personnes dimanche soir, dont des enfants, à Karm el-Zeytoun, un quartier rebelle de Homs (centre) repris par les forces gouvernementales au début du mois, ont annoncé lundi des militants syriens.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres, rapporte qu'au moins 16 personnes ont été tuées, les Comités locaux de coordination avançant de leur côté le chiffre de 45 morts. Les deux organisations précisent que des enfants figurent parmi les victimes et elles attribuent ces morts aux «shabiha», des miliciens à la solde du régime.

Ces informations renforcent les craintes selon lesquelles des civils pourraient être la cible de représailles dans les secteurs reconquis par les forces fidèles au régime. Les médias officiels syriens ont confirmé que des personnes ont été tuées à Homs, mais ont imputé ces morts à des «terroristes armés», qualificatif fréquemment utilisé par ces médias pour désigner les opposants au régime.

Selon l'OSDH, de nombreux habitants ont fui Karm el-Zeytoun et des quartiers voisins, craignant que les miliciens pro-régime ne lancent d'autres attaques.

Des images mises en ligne par des militants montrent les corps de cinq enfants défigurés et ceux d'au moins six adultes recouverts de draps. L'OSDH appelle l'ONU a enquêter sur ces morts.

Par ailleurs, à Qamishli (nord-est), les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants kurdes, faisant au moins trois blessés, selon l'OSDH. Des milliers de Kurdes étaient descendus dans la rue pour marquer le huitième anniversaire d'affrontements entre leur communauté et les forces de sécurité.

L'agence de presse officielle syrienne SANA a de son côté rapporté qu'un "groupe terroriste armé" avait fait sauter un oléoduc transportant du gazole entre la province de Homs et la région voisine de Hama, dans le centre du pays.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé lundi le président Bachar el-Assad à mettre fin à la répression sanglante dans son pays, où selon les Nations unies, les violences ont fait plus de 7500 morts depuis le début du soulèvement il y a un an.

Après que le secrétaire général eut lancé un appel au Conseil de sécurité, divisé sur la question, les États-Unis et la Russie à l'ONU ont manifesté leur désaccord sur les moyens à prendre pour mettre fin aux massacres.

La secrétaire d'État des États-Unis, Hillary Rodham Clinton, a rejeté toute notion de similitude entre les «meurtres prémédités» commis par la «machine militaire» du président Bachar el-Assad et les civils attaqués de toutes parts et forcés d'assurer leur propre défense.

Le ministre des Affaires étrangères de la Russie, Sergey Lavrov, a reconnu que les autorités syriennes «devaient assumer une importante part de responsabilités», mais a affirmé que les combattants de l'opposition et des forces extrémistes, dont al-Qaïda, commettaient également des gestes violents et des actes de terrorisme.

M. Lavrov a ajouté que la priorité était de faire cesser immédiatement tout geste de violence et de fournir de l'aide humanitaire au peuple syrien.

«En ce moment précis, a fait remarquer M. Lavrov, nous ne devrions pas essayer de savoir qui a lancé les hostilités mais de discuter de moyens réalistes et réalisables qui nous permettraient d'en arriver à un cessez-le-feu.»

Mme Clinton a rappelé que le Conseil de sécurité ne pouvait pas «demeurer muet lorsqu'un gouvernement massacrait sa propre population, menaçant en cours de route la paix d'une région et sa sécurité».

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