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Les conservateurs ne renoncent pas à l'ouest de l'île de Montréal

12/03/2012 02:07 EDT | Actualisé 12/05/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le Parti conservateur du Canada ne renonce pas à conquérir la circonscription de Lac-Saint-Louis, dans l'ouest de l'île de Montréal, même s'il y fait chou blanc depuis plus de 20 ans.

L'association conservatrice de la circonscription a récemment élu à son comité exécutif six conseillers municipaux — chacun représentant une des villes de la circonscription. Les élus municipaux occupent maintenant tous les sièges de ce comité sauf un.

Le candidat conservateur dans la forteresse libérale de Lac-Saint-Louis lors des élections générales de mai 2011, Larry Smith, a expliqué avoir recruté ces élus municipaux pour qu'ils puissent expliquer les enjeux locaux au Parti conservateur, et l'aider à attirer des électeurs.

«Ils sont vraiment branchés sur le pouls (de la communauté), a dit l'ancien président des Alouettes, qui a été renommé au Sénat canadien après avoir été battu par le candidat libéral sortant, Francis Scarpaleggia. Il est important de recruter des gens crédibles (...) qui vont être capables de susciter l'intérêt dont on a besoin pour remporter une élection. Mais de manière encore plus importante, de nous aider à comprendre les enjeux de la région.»

M. Smith dit vouloir reconstruire les appuis conservateurs sur l'île de Montréal, où le parti n'a pas remporté un seul siège depuis 1988, avec les progressistes-conservateurs de Brian Mulroney. C'est d'ailleurs la dernière fois que Lac-Saint-Louis a été représentée par un conservateur. Lors des élections générales de mai dernier, M. Smith a pris le troisième rang à l'issue d'une lutte serrée avec les candidats libéral et néo-démocrate.

M. Smith n'a pas indiqué clairement s'il briguera de nouveau les suffrages lors des prochaines élections. Mais peu importe l'identité du candidat, l'ancien éditeur du quotidien The Gazette et ex-commissaire de la Ligue canadienne de football a expliqué vouloir commencer le travail dès maintenant. «On doit être sur le terrain trois ou quatre ans avant une élection», a-t-il dit.

Montréal représente un trou noir dans la majorité que détiennent les conservateurs à travers le pays, et le parti ne compte que cinq élus au Québec. Depuis les élections de mai dernier, les Québécois ont applaudi le financement de 5 milliards $ annoncé pour remplacer le pont Champlain, mais ont été déçus par la nomination d'unilingues anglophones à la Cour suprême et au poste de vérificateur général.

L'association conservatrice de Lac-Saint-Louis qualifie la venue des élus municipaux de «coup de pouce historique» aux appuis du parti dans la région.

Une des nouvelles membres du comité exécutif du parti dans Lac-Saint-Louis a dit s'être jointe à l'association conservatrice pour que sa ville puisse profiter d'un lien plus étroit avec le parti au pouvoir à Ottawa. La conseillère municipale Rhonda Massad, de Beaconsfield, avait appuyé M. Smith lors de la dernière élection et elle a accepté de se joindre au comité exécutif à son invitation. Elle croit que sa présence ne peut que profiter à sa ville.

«Personnellement, je voulais me rapprocher de la tête du cheval, a-t-elle expliqué. (Les conservateurs) sont ceux qui vont aider la région (...) Les circonscriptions qui ne votent pas conservateur ne sont pas bien vues actuellement. C'est logique, c'est la politique et c'est la vie.»

Mais le vice-président du comité exécutif de l'association conservatrice dans Lac-Saint-Louis a précisé que ce lien entre les conseillers municipaux et le parti au pouvoir à Ottawa ne signifie pas automatiquement que la région sera favorisée quand l'argent fédéral sera distribué.

«Est-ce que ça amène plus d'argent? Pas nécessairement, a prévenu Michel Gibson, conseiller municipal à Kirkland depuis 20 ans. Nous obtiendrons quelque chose parce qu'il y a un besoin, mais nous avons un Larry Smith qui est là pour faire avancer les choses à Ottawa.»

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