Le Lac des cygnes : un ballet au fin plumage d'or

Publication: Mis à jour:
(Gracieuseté des Grands Ballets Canadiens de Montréal)
(Gracieuseté des Grands Ballets Canadiens de Montréal)

Difficile de mettre sur papier la critique d'une œuvre créée en 1877. Le Lac des cygnes, en soi, n'a rien à prouver. Toute danseuse de ballet rêve d'incarner la gracieuse Odette ; la musique nous transporte dans un univers féérique; l'histoire bouleverse et ressasse toujours des émotions... Reste que le Ballet national d'Ukraine portait un joli défi que de plaire à un public qui, depuis l'an dernier, avec l'engouement généré par le film Black Swan, souhaitait voir ou revoir à tout prix et en intégralité ce ballet mythique de Tchaïkovski. De plus, la métropole n'avait pas reçu la pièce depuis la présentation du Universal Ballet de Corée en 2001.

Un premier acte qui bat de l'aile

Le spectacle a commencé sous une ambiance quelque peu froide. Le décor, trop clair, donnait une légère impression de comédie musicale de Disney World. Les danseurs semblaient coincés par la technique, par le mouvement qui n'était finalement pas bercé par les corps et les âmes présents sur scène. Le jeune âge plus qu'apparent des interprètes dérangeait donc un tantinet, vu cette difficulté à intérioriser les émotions de la pièce. Cela dit, le public a été «fouetté» durant la deuxième portion.

Si le premier acte peinait à convaincre le spectateur de la pureté et de la crédibilité des danseurs, les deux suivants en valaient fièrement la chandelle. Les nombreux fouettés étaient en effet dansés avec grande justesse. Pour un passionné de ballet classique, inutile de dire que le Pas de Quatre (Petits cygnes), où l'on voit ces danseuses se tenant les mains, était un moment très attendu de la soirée. Ces si jeunes interprètes ont offert un privilège à l'assistance par une exécution impeccable de la chorégraphie. Les fines têtes s'harmonisaient magistralement à leurs pieds qui passaient par toutes les positions en de si courts instants.

Jusqu'au bout des doigts

Que dire des premiers danseurs? Ils excellaient. Leur interprétation délicate et soignée témoignait d'un grand respect pour l'œuvre, mais aussi pour la musique (Orchestre des GBCM), qui devenait ainsi un doux allongement de leurs mouvements. La première danseuse, Natalia Matsak, dans le rôle de la princesse Odette, a conquis la foule par son esthétisme inouï; il y avait une aura autour de cette ballerine... La gestuelle de ses bras était d'une finesse inimaginable. Et cette finesse se rendait jusqu'au bout de ses ongles! Les spectateurs n'avaient de yeux que pour les vagues de ses bras enchaînées avec tant de grâce...

Une fois de plus, les Grands Ballets Canadiens de Montréal ont visé juste par la présentation de ce ballet qui a permis à chacune des personnes dans la salle de se laisser emporter par le romantisme et la féérie du Lac des cygnes. Avec Giselle (Ballet national de Cuba) l'an dernier, on peut donc se demander quelle œuvre classique pourrait bien être présentée dans le futur pour constituer un pas de trois...

LE PAS DE QUATRE EN VIDÉO:

Sur le web

Le lac des cygnes: où se cache donc le supplément d'âme?