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Les Suisses refusent les six semaines de vacances

11/03/2012 03:31 EDT | Actualisé 11/05/2012 05:12 EDT

BERNE, Suisse - Le groupement d'associations Travail.Suisse, à l'origine de l'initiative "Six semaines de vacances pour tous", s'est déclaré déçu de son rejet par le peuple suisse dimanche lors d'un référendum, à la majorité des cantons.

Selon les résultats officiels définitifs, le "non" l'a emporté par 66,5 pour cent des voix. La durée des congés payés en Suisse reste fixée par la loi à quatre semaines par an.

L'organisation syndicale estime que pour de nombreux travailleurs, "la peur de perdre son emploi l'a emporté" sur le bien-être à long terme des personnes et de l'économie. Travail.Suisse se dit cependant fière d'avoir mis en avant les questions de la surcharge de travail et ses conséquences sur la santé des travailleurs. La durée des congés payés est fixée en Suisse à quatre semaines par an.

Selon Travail.Suisse, la surcharge de travail coûte environ 10 milliards de francs (10,76 milliards $) à la Confédération. La principale conséquence, ajoute le syndicat, est qu'un salarié sur trois ne peut pas travailler jusqu'à l'âge de la retraite pour des raisons de santé. Ces coûts importants ont une influence néfaste sur l'économie, fait-il valoir.

Pour l'Union suisse des arts et métiers (USAM), au contraire, "le rejet de l'initiative montre clairement que la population continue de miser sur la liberté et la responsabilité individuelle des citoyens". Pour l'organisation de défense ses petits patrons, "les citoyens ont su garder le sens des réalités".

"L'adoption de l'initiative aurait entraîné une hausse des coûts de la main-d'oeuvre de six milliards de francs (6,45 milliards $) par an, alors même que le contexte économique difficile marqué par la crise de l'euro et la force du franc suisse leur pose déjà suffisamment de problèmes", a relevé l'USAM.

Selon elle, le droit aux vacances en Suisse correspond à celui en vigueur dans nombre d'autres pays européens comme l'Allemagne, la Belgique ou l'Italie. "Le partenariat social a lui aussi fait ses preuves, puisque les travailleurs bénéficient en moyenne d'ores et déjà de cinq semaines de vacances par année", selon l'USAM.

Economiesuisse, la fédération des entreprises helvétiques, est également satisfaite du résultat du référendum. "Avec sa réglementation rigide, l'initiative sur les vacances aurait menacé des emplois et rendu un mauvais service aux entreprises et aux travailleurs. Quantité de travailleurs profitent déjà de solutions adaptées aux besoins des différentes branches", note l'organisation.

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