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Annan quitte la Syrie sans avoir pu obtenir l'arrêt des violences

11/03/2012 03:24 EDT | Actualisé 11/05/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Kofi Annan, dépêché en Syrie par les Nations unies et la Ligue arabe, a quitté la Syrie dimanche sans avoir pu obtenir du président Bachar el-Assad la fin de la répression sanglante contre le mouvement de contestation. Parallèlement, les forces du régime ont poursuivi leur offensive contre des bastions rebelles dans le nord du pays, bombardant notamment la ville d'Idlib.

L'ancien secrétaire général de l'ONU a affirmé qu'il avait présenté au président syrien des propositions concrètes "qui auront un impact réel sur le terrain". Il a espéré qu'une "fois acceptées", ces propositions permettent de "lancer le processus" et de "mettre fin à la crise", a-t-il déclaré au terme de sa visite de deux jours en Syrie.

Kofi Annan, qui a aussi rencontré des dirigeants de l'opposition et des hommes d'affaires à Damas, s'est dit optimiste après ses deux entretiens avec le fils d'Hafez el-Assad, mais il a reconnu qu'il sera dur de résoudre la crise. "Ca va être difficile, mais nous devons garder espoir", a-t-il dit.

L'ancien secrétaire général de l'ONU a appelé à des réformes qui créeraient "une fondation solide pour une Syrie démocratique". Mais il a ajouté: "Vous devez commencer par arrêter les tueries, les souffrances et les sévices qui ont lieu aujourd'hui, et ensuite donner du temps pour un règlement politique".

Dans ses discussions avec Bachar el-Assad samedi, Kofi Annan avait fait plusieurs propositions pour mettre fin à la crise et engager un dialogue politique. Mais son hôte a rejeté l'idée d'une ouverture immédiate de discussions avec l'opposition. Il lui a dit qu'une solution politique était impossible tant que des "groupes terroristes" menaçaient le pays.

L'opposition a aussi rejeté l'appel au dialogue, affirmant que toute discussion était impossible après une répression qui, selon des estimations de l'ONU, a fait plus de 7.500 morts.

Kofi Annan a quitté la Syrie dimanche soir pour se rendre au Qatar, selon un porte-parole de l'ONU ayant requis l'anonymat.

Pendant ce temps, les forces syriennes poursuivaient leur offensive contre des bastions rebelles dans le nord du pays, pilonnant également plusieurs quartiers de la ville de Homs (centre), selon des militants.

Samedi, les troupes syriennes avaient commencé à bombarder la ville d'Idlib, l'un des foyers du soulèvement, affrontant des insurgés qui ont essayé de les repousser. L'armée a envoyé ces derniers jours des renforts dans la province d'Idlib, située le long de la frontière turque, déployant notamment des dizaines de chars et de véhicules blindés de transport de troupes, selon l'opposition.

D'après l'Observatoire syrien pour les droits de l'Homme, basé à Londres, trois soldats ont été tués dimanche dans le village d'Al-Janoudieh, près de la frontière turque, dans des combats entre soldats et déserteurs. Une mère et son fils ont péri dans la ville d'Ariha, pris dans une fusillade lors d'affrontements qui ont aussi coûté la vie à deux soldats. D'autres civils ont été tués lors de raids menés près de Damas.

Enfin, à Homs, des militants ont fait état de plusieurs morts et blessés dans des bombardements sur les quartiers de Karm el-Zeïtoun, Bab Dreib et Job al-Jandali. "Ils essaient de punir tous les quartiers de Homs où il continue à y avoir des manifestations anti-gouvernementales", a affirmé Abou Bakr Saleh, un militant basé dans cette ville syrienne.

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