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Un an plus tard, les Japonais se rappellent du séisme et du tsunami

10/03/2012 09:53 EST | Actualisé 10/05/2012 05:12 EDT

RIKUZENTAKATA, Japon - À l'aide de prières et de moments de silence, le Japon tout entier a commencé à souligner, dimanche, le puissant tremblement de terre et le dévastateur tsunami qui ont balayé le pays il y a un an, tuant plus de 19 000 personnes et provoquant la pire catastrophe nucléaire à frapper la planète en 25 ans.

Le long de la côte nord-est du pays, où a violemment sévi le tsunami, à Tokyo et ailleurs, des cérémonies commémoratives étaient planifiées pour souligner la tragédie au moment précis où le séisme d'une magnitude de 9,0 a secoué la nation asiatique— à 14 h 46 heure locale (0 h 46, heure du Québec), le 11 mars 2011.

La secousse, la plus puissante de l'histoire du Japon, a généré un tsunami dont les vagues se sont élevées à plus de 20 mètres dans certains secteurs de la côte du nord-est, ravageant des milliers de maisons et provoquant une destruction généralisée.

Aujourd'hui, quelque 325 000 citoyens sans-abri vivent encore dans des demeures temporaires. Bien que les débris aient été rassemblés au point de former d'imposantes montagnes, il s'est fait très peu de reconstruction jusqu'à maintenant.

Hyakuaiko Konno, une femme âgée de 64 ans de la côte d'Ishinomaki, a passé les sept derniers mois dans une résidence temporaire et aimerait retrouver sa vieille maison, ainsi qu'une vie normale.

Selon les autorités gouvernementales, la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi, où trois réacteurs ont fondu après que le tsunami eut mis les importants systèmes de refroidissement hors d'état de fonctionnement, est dorénavant stable et les radiations qui en émanent ont considérablement diminué.

Mais parlant à des journalistes visitant le complexe, récemment, le directeur de la centrale a reconnu que les installations demeuraient fragiles et que des équipements de fortune — certains attachés avec du ruban adhésif — permettaient le fonctionnement d'éléments vitaux de la centrale.

Une manifestation anti-nucléaire était également au programme dans le centre-ville de Tokyo, dimanche, au moment où s'est élevée l'opposition publique à l'énergie nucléaire à la suite du désastre, le pire depuis celui de Tchernobyl, en 1986.

Seulement deux des 54 réacteurs nucléaires du Japon fonctionnent à l'heure actuelle, et ceux dont les opérations sont interrompues pour les besoins d'inspections régulières sont soumis à des tests particuliers afin de vérifier s'ils sont en mesure de résister à des désastres semblables.

Le gouvernement japonais s'est engagé à réduire sa dépendance vis-à-vis l'énergie nucléaire, qui fournissait environ 30 pour cent des besoins énergétiques du pays avant le désastre, mais affirme qu'il devra relancer certaines centrales pour répondre aux besoins du Japon pendant la période de transition.

Le premier ministre du Japon, Yoshihiko Noda, a admis des failles dans la réaction du gouvernement à la suite du désastre, étant notamment trop lent à transmettre d'importants éléments d'information et croyant trop au «mythe de sécurité» de l'énergie nucléaire.

«Nous ne pouvons plus invoquer l'excuse que quelque chose d'imprévisible et au-delà de notre imagination s'est produit», a déclaré M. Noda à un groupe de journalistes le week-end dernier.

«Toute gestion de crise nous force à imaginer ce qui se trouve au-delà de notre imagination.»

La phrase «soteigai» ou «au-delà de notre imagination» a été maintes fois employée par les responsables de la

Société d'énergie électrique de Tokyo, l'organisme qui gère la centrale de Fukushima, pour expliquer pourquoi ils n'étaient pas prêts à affronter un tsunami de cette ampleur.

Bien que des chercheurs avaient averti de la présence d'un tel danger, les responsables de la centrale et des organismes de réglementation ont fait très peu pour se prémunir face à une telle catastrophe, laissant des génératrices de secours dans les sous-sols, où ils risquaient d'être inondés.

«Avec du recul, nous pouvons dire que le gouvernement, les entreprises et les chercheurs ont tous été plongés dans un 'mythe de sécurité'», soutient M. Noda. «La responsabilité revient à tous et chacun.»

D'énormes risques et défis se dressent devant la centrale de Fukushima, incluant le retrait de combustible nucléaire fondu et la mise au rancart de barres de combustible inutilisables. La décontamination complète de la centrale pourrait prendre 40 ans.

Pendant ce temps, quelque 100 000 résidants qui demeuraient autour de la centrale vivent dans des abris temporaires ou chez des proches, incertains du jour où ils pourront réintégrer leur domicile. Une zone de 20 km autour du complexe et d'un secteur adjacent demeurent inaccessibles.

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