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Bruce Springsteen séduit la foule réunie au Apollo Theater de Harlem

10/03/2012 05:55 EST | Actualisé 10/05/2012 05:12 EDT

NEW YORK, États-Unis - La puissance et la gloire ont envahi le quartier Harlem, vendredi soir, quand Bruce Springsteen et le E Street Band ont pris d'assaut le célèbre Apollo Theatre, symbole de la réussite et de la culture afro-américaine.

Pince sans-rire, Springsteen s'est présenté comme «l'homme blanc le plus travaillant du show-business», et il s'est fait un devoir de le prouver avec sa musique et ses déhanchements qui ont enflammé la salle, pleine à craquer.

Dans un clin d'oeil à James Brown, légende du Apollo et «homme le plus travaillant du show-business», Springsteen en est allé de sa propre imitation du «parrain du soul», titubant d'un côté à l'autre de la scène, la serviette noire que lui avait cérémonieusement déposé son guitariste Steven Van Zandt sur les épaules lui servant de cape.

Le spectacle était diffusé en direct sur le canal E Street de la Radio SiriusXM, qui célébrait ainsi son dixième anniversaire. La prestation était un avant-goût de la tournée mondiale que commencera Springsteen le 18 mars prochain à Atlanta afin de promouvoir son album «Wrecking Ball», dont les notes d'accompagnement incluent un hommage touchant au saxophoniste Clarence Clemons, décédé en juin.

Fidèle à ses habitudes et au grand plaisir des spectateurs, l'artiste s'est baladé dans les allées, faisant des cabrioles sur les sièges, se perchant également sur le piano et se languissant sur le podium de son batteur.

Springsteen s'est aussi étiré pour aller attraper la main d'un homme qui se penchait dangereusement hors de sa loge afin de toucher au chanteur.

Même les membres du groupe n'ont pu s'empêcher d'écarquiller les yeux quand ils ont vu Springsteen se balader sur les balcons, avant de redescendre sur la scène en s'agrippant aux tuyaux de métal attachés aux murs.

La dernière tournée de E Street a pris fin en 2009. «Vous nous avez manqué», a lancé l'artiste à son public.

Springsteen, qui a récemment affirmé qu'il faudrait «un village» pour remplacer Clemons, a réuni une foule considérable, ponctuée de personnes dont les tenues vestimentaires faisaient honneur aux vedettes de la téléréalité Jersey Shore.

Le neveu de Clemons, Jake, a fait résonner son saxophone dans plusieurs solos que la foule a accueilli avec force applaudissements et cris, tandis que Springsteen regardait fièrement le nouveau membre de son groupe.

Le dernier album de l'artiste se veut un cri d'indignation au nom des masses de gens qui sont opprimées aux États-Unis. Mais il n'y avait rien d'acerbe dans la performance de Springsteen et ses musiciens, qui ont rempli la magnifique salle de style néo-classique aux dorures fleuries et aux chandeliers de cristal avec des sonorités joyeuses.

L'intensité qui a fait la réputation de Springsteen a teinté l'ensemble du spectacle. L'artiste avait le visage rempli d'émotions, mais le corps tendu et vif comme celui d'un cobra.

Les musiciens ont joué leurs grands succès, mais aussi leurs nouvelles pièces. L'opus «The Way You Do the Things You Do» de Smokey Robinson/Temptations ainsi que certaines pièces de Wilson Pickett et de Sam and Dave ont ponctué le spectacle.

Entraînant la foule avec lui, Springsteen a rendu un hommage à Clemons pendant la chanson «Tenth Avenue Freeze-out», un classique qui raconte la rencontre du groupe. Les références au «Big Man», comme on surnommait Clemons, ont déclenché les applaudissements de la foule, qui a également acclamé les musiciens de Springsteen lorsque ce dernier les a nommés, tour à tour.

«Est-ce que j'ai oublié quelqu'un?», a-t-il demandé, avant que la foule commémore Clemons et le pianiste Danny Federici.

«Si vous êtes ici et que nous sommes ici, alors ils ont ici eux-aussi.»

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