NOUVELLES

Le chef du Conseil national syrien rejette l'appel au dialogue de Kofi Annan

09/03/2012 01:08 EST | Actualisé 09/05/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Le président du Conseil national syrien, Burhan Ghalioun, a rejeté vendredi l'appel au dialogue avec le gouvernement syrien lancé par l'émissaire de l'ONU Kofi Annan, estimant que des pourparlers n'avaient pas de sens tant que Damas poursuivait sa répression sanglante.

Au moins 54 personnes ont été tuées à travers le pays vendredi, selon des militants. Près de la moitié d'entre elles ont été abattues lors de raids des forces gouvernementales contre trois villages de la province d'Idlib, dans le nord du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Des tirs de mortier et d'armes à feu ont également fait dix morts à Homs, et les forces de sécurité ont tué d'autres personnes lors de manifestations ailleurs dans le pays, selon la même source.

Des renforts militaires ont été envoyés vers la province d'Idlib ces derniers jours, dont des chars et des blindés de transport de troupes, selon des militants. Ils sont acheminés vers le secteur de Jabal al-Zouiya et la ville de Saraqeb, d'après Rami Abdul-Rahman, directeur de l'OSDH.

M. Abdul-Rahman estime que ces mouvements sont le signe que Damas prépare une offensive d'envergure contre des secteurs sous contrôle rebelle ou vise à empêcher la création d'une zone tampon insurgée près de la frontière turque.

Deux généraux, un colonel et deux sergents syriens ont par ailleurs déserté jeudi et ont trouvé refuge en Turquie, a annoncé vendredi un responsable turc. Selon la télévision publique turque, 234 Syriens ont franchi la frontière avec la Turquie depuis jeudi pour gagner des camps de réfugiés. Ces défections interviennent après celle du vice-ministre syrien du Pétrole, Abdo Houssameddine, plus haut responsable du régime de Bachar el-Assad à rallier l'opposition.

Le chef du Conseil national syrien a rejeté l'appel au dialogue lancé par Kofi Annan, émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie. Appeler au dialogue alors que le président Bachar el-Assad massacre son peuple est «décevant», a déploré Burhan Ghalioun, lors d'une entrevue téléphonique avec l'Associated Press.

Kofi Annan a souligné que sa mission était de trouver une solution politique au conflit, sans recours à la force. Il doit se rendre ce week-end en Syrie pour rencontrer Bachar el-Assad.

«Ce genre de commentaires est décevant et ne donne pas beaucoup d'espoir au peuple en Syrie qui est massacré chaque jour», a déclaré Burhan Ghalioun de Paris, où il réside. «C'est comme si nous regardions le même film diffusé en boucle.»

«N'importe quelle solution politique échouera si elle n'est pas accompagnée d'une pression militaire sur le régime», a affirmé le chef du Conseil national syrien, qui reproche à Kofi Annan d'éviter toute référence au coeur du problème, soit l'utilisation de moyens militaires lourds pour écraser la contestation.

«En tant qu'envoyé international, nous espérions qu'il aurait un moyen de mettre un terme à la violence. Je crains que, comme d'autres envoyés internationaux avant lui, le but soit de perdre un ou deux mois dans des efforts de médiation sans intérêt», a-t-il déclaré.

Selon l'ONU, la répression en Syrie a fait plus de 7500 morts depuis un an, tandis que des militants avancent un bilan supérieur à 8000 morts.

PLUS:pc