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Kabuki, costumes du théâtre japonais à l'honneur de la fondation Yves Saint Laurent

09/03/2012 11:09 EST | Actualisé 09/05/2012 05:12 EDT

PARIS - C'est à un art théâtral né au XVIIe siècle au Japon que la Fondation Yves Saint Laurent rend hommage à travers des pièces uniques de costumes de kabuki. Intitulée "Kabuki, costumes du théâtre japonais", l'exposition présente à Paris de magnifiques pièces qui raviront l'oeil de l'amateur comme celui du profane.

Colorés, imposants et très imagés parfois, ces 34 costumes accompagnés de leurs accessoires de scène retracent l'histoire de ce genre théâtral reconnu patrimoine oral et immatériel de l'humanité de l'UNESCO en 2005.

"Le kabuki est un vrai divertissement" toujours populaire, qui a eu "une influence sur le Japon d'aujourd'hui", que ce soit dans la mode ou "dans les mangas" à l'image du robot du dessin animé Goldorak, explique la commissaire de l'exposition Aurélie Samuel, chargée des collections textiles au Musée Guimet. Le musée parisien des Arts asiatiques a prêté plusieurs dessins et estampes de ses collections pour éclairer la signification de ces précieux costumes, venus de la société japonaise Shôchiku Costume.

"Le kabuki est un vrai divertissement" très codifié composé de danse, de chant et d'un jeu d'acteurs très marqué, souligne Aurélie Samuel. Le répertoire de kabuki se partage entre pièces historiques, pièces de la vie quotidienne, sur fond de conflits moraux et sentimentaux, et danse. Ces pièces sont jouées exclusivement par des hommes, d'où l'importance du costume et du maquillage.

Dans le kabuki, les costumes, le maquillage et les accessoires permettent d'identifier immédiatement la pièce et le personnage joué par l'acteur.

Au départ, le kabuki "moins noble que le nô, ne pouvait pas utiliser la soie ni d'or", alors les créateurs de costume "ont inventé des astuces, avec des applications, des broderies, des formes et des reliefs", note la commissaire.

Très spectaculaire, le costume de cérémonie aux grandes manches (daimon) au blason, qui, une fois déployées, rappellent de grands parapluies. Il est porté par le héros d'un des "classiques" du kabuki, Shibaraku.

Ces costumes majestueux et très lourds peuvent aussi se transformer au fur et à mesure de l'intrigue, comme celui à décor de feu, pour lequel l'acteur est aidé d'assistants habillés de noir pour être invisibles sur scène.

Enfin, une pièce de kabuki peut rassembler jusqu'à 200 personnes entre les acteurs, leurs assistants et l'orchestre. Des images de spectacle permettent d'ailleurs aux visiteurs de visualiser une représentation de kabuki, malgré la barrière de la langue.

Mais le néophyte peut se contenter d'admirer de remarquables costumes, comme ceux de la pièce des cinq brigands, arborant chacun les symboles de leur personnage sur un tissu bleu profond (la boussole et les vagues pour le chef, ou le poulpe et les coquillages), un magnifique kimono aux motifs de pins sous la neige ou cet étonnant kimono en papier (kamiko), qui se veut le vêtement cousu des lettres envoyées par une courtisane à son bien-aimé réduit à la pauvreté. AP

"Kabuki, costumes du théâtre japonais"

à la Fondation Pierre Bergé, Yves Saint Laurent, à Paris

du 7 mars au 15 juillet 2012

du mardi au dimanche, sauf jours fériés, de 11h à 18h

Entrée: 7 euros (plein tarif), 5 euros (tarif réduit)

www.fondation-pb-ysl.net

ljg/cov/sb

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