Huffpost Canada Quebec qc

DSK fait salle comble à Cambridge, au milieu des protestations

Publication: Mis à jour:
Un étudiant attend l'arrivée de Dominique Strauss-Kahn à Cambridge. (AFP)
Un étudiant attend l'arrivée de Dominique Strauss-Kahn à Cambridge. (AFP)

CAMBRIDGE, 9 mars 2012 (AFP) - Dominique Strauss-Kahn a donné vendredi soir à Cambridge une conférence sur l'état de l'économie mondiale devant une salle comble d'étudiants, au milieu de manifestations hostiles qui ont donné lieu à quelques échauffourées avec la police.

"DSK, va t'en, honte à toi", ont scandé les protestataires, au nombre de 200, qui s'étaient réunis devant les locaux de l'association estudiantine Cambridge Union, organisatrice de la conférence.

"Justice pour (Nafissatou) Diallo", criaient certains, en référence à la femme de chambre new-yorkaise qui accuse l'ex-patron du FMI d'agression sexuelle. L'avocat de la jeune femme, Douglas Wigdor, avait lui-même fait le déplacement des Etats-Unis pour dénoncer la présence de DSK à Cambridge comme "un affront à toutes les victimes d'agression sexuelle".

Des heurts ont eu lieu avec les policiers quand certains étudiants ont essayé d'escalader les barrières métalliques entourant les locaux dans lesquels avait lieu l'intervention. Au moins deux personnes ont été interpellées, selon l'AFP.

Dominique Strauss-Kahn était arrivé en début de soirée dans les locaux de l'université par une porte latérale, escorté par des gardes de sécurité. A l'intérieur, plusieurs centaines d'étudiants, tirés au sort en raison de l'affluence, ont assisté à cette conférence à laquelle la presse n'était pas admise.

Selon un membre du public assistant à la conférence, Dominique Strauss-Kahn a été interrogé sur les accusations dont il fait l'objet à New York, ce à quoi il a répondu que les charges pénales avaient été abandonnées contre lui.

DES IMAGES DES PROTESTATIONS:

Close
Protestants anti-DSK à Cambridge
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Alors que le bruit des manifestants se faisait entendre à l'intérieur des locaux, DSK a à leur propos affirmé en anglais: "ils font ce qu'ils veulent, je pense qu'ils ont tort", selon la même source.

Un peu plus tôt, l'avocat de Nafissatou Diallo, invité par la section femmes du syndicat étudiant CUSU à l'origine du mouvement de protestation anti-DSK, avait pris la parole pour dénoncer la présence de l'ancien chef du FMI.

"Pourquoi la +Cambridge Union+ (l'association estudiantine) ouvrirait-elle ses portes à un homme qui a été accusé d'utiliser ses pouvoirs d'ancien chef du FMI pour agresser sexuellement une femme et qui est maintenant impliqué dans un scandale lié à la prostitution?", avait-il accusé.

"Qu'on lui donne ici une tribune pour s'exprimer est un affront à toutes les victimes d'agression sexuelle", a-t-il estimé.

L'avocat américain avait aussi lu en anglais une déclaration de la part de Tristane Banon, qui avait déposé une plainte pour tentative de viol contre DSK, classée sans suite par la justice française.

"Inviter l'ancien chef du FMI vise à le réinsérer dans la vie publique et c'est une insulte aux femmes", a déclaré l'avocat au nom de la Française.

De son côté la Cambridge Union Society avait justifié son invitation en affirmant que DSK était une "grande figure du FMI" qui avait "des connaissances exceptionnelles dans son domaine".

Les poursuites pénales contre DSK, accusé d'agression sexuelle par Nafissatou Diallo, femme de chambre à l'hôtel Sofitel de New York, ont été abandonnées, alors que la procédure civile se poursuit. L'ex-patron du FMI, 62 ans, contraint à la démission à cause de cette affaire, a par ailleurs été rattrapé en France par le dossier dit "du Carlton".

Dans cette affaire, DSK doit être convoqué le 28 mars par la justice française pour être inculpé, notamment de complicité de proxénétisme, selon une source judiciaire. Il aurait pris part à des soirées libertines et l'enquête tente de déterminer s'il savait que les femmes qui y participaient étaient des prostituées.