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Des dizaines de milliers de Bahreïnis manifestent contre la monarchie

09/03/2012 04:05 EST | Actualisé 09/05/2012 05:12 EDT

MANAMA, Bahreïn - Des dizaines de milliers de manifestants antigouvernementaux ont envahi une route majeure de Bahreïn, vendredi, dans l'une des plus importantes manifestations des derniers mois contre la monarchie au pouvoir.

La marche avait pour but de montrer la détermination du soulèvement chiite contre la monarchie sunnite qui dirige le pays, plus d'un an après le début du soulèvement à Bahreïn, inspiré par les manifestations du Printemps arabe.

La manifestation principale a été généralement pacifique, mais les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes contre de petits groupes qui tentaient de se rendre sur la place de la Perle de Manama, le coeur du soulèvement populaire désormais étroitement surveillé par les autorités.

La manifestation se voulait aussi une réponse aux leaders du royaume, qui ont prédit que le mouvement populaire perdrait son élan d'ici le Grand Prix de Formule 1, qui doit avoir lieu ce mois-ci à Bahreïn. La course avait été annulée l'an dernier à cause des violences.

Les manifestants ont envahi des kilomètres de route vendredi. Certains organisateurs ont affirmé que 100 000 personnes étaient présentes, ce qui en ferait le plus important rassemblement dans le royaume depuis le début du soulèvement populaire, en février 2011.

La majorité chiite de Bahreïn veut mettre fin à la domination de la monarchie sunnite sur les emplois et la vie politique du pays. Les chiites constituent environ 70 pour cent des quelque 525 000 résidants du royaume, mais ils dénoncent une discrimination généralisée, et leur exclusion des postes de haut niveau dans la politique et les forces de sécurité.

Les dirigeants du royaume ont offert certaines concessions, accordant notamment de plus grands pouvoirs de décision au Parlement, mais ils refusent d'accorder aux élus le droit de nommer les responsables des postes stratégiques, notamment le premier ministre.

Au moins 45 personnes ont été tuées depuis le début du soulèvement, et des centaines d'autres ont été arrêtées.

«À bas Hamad!», ont scandé les manifestants, en référence au roi Hamad Bin Isa Al Khalifa. D'autres ont brandi des pancartes en anglais et en français dénonçant la monarchie, dans une volonté d'attirer l'attention des médias et des sites Internet internationaux.

Les organisateurs avaient indiqué que la marche prendrait fin sur la place de la Liberté, à l'extérieur de la capitale. Des renforts de police ont été déployés pour empêcher les manifestants de faire dévier la marche vers la place de la Perle, entourée de fils barbelés et surveillée 24 heures par jour.

Par ailleurs, à Bagdad, quelque 2000 chiites irakiens ont manifesté pour demander l'exclusion du roi de Bahreïn du sommet de la Ligue arabe, qui doit avoir lieu dans la capitale irakienne plus tard au cours du mois.

Les manifestants, menés par l'imam radical Moqtada al-Sadr, ont aussi déploré que le président syrien, Bachar el-Assad, n'ait pas été invité à la réunion. La confession alaouite du président syrien est une émanation de l'islam chiite.

La Syrie a été suspendue de la Ligue arabe à cause de la répression brutale du soulèvement populaire par les forces du régime el-Assad.

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