POLITIQUE

Les infirmières auxiliaires dénoncent le manque de personnel dans les CHSLD

09/03/2012 11:37 EST | Actualisé 09/05/2012 05:12 EDT
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MONTRÉAL - À leur tour, les infirmières auxiliaires dénoncent le manque de personnel dans les CHSLD, ce qui a des répercussions sur la qualité des soins qui sont dispensés aux personnes âgées qui y résident.

Ces infirmières auxiliaires, représentées par la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), ont décrit vendredi, au cours d'une rencontre avec la presse, dans quelles conditions elles sont souvent appelées à travailler.

L'une d'entre elles a relaté travailler dans un CHSLD de la Montérégie et avoir régulièrement 24 résidants par jour à surveiller et à soigner. Dans certains cas, une infirmière auxiliaire peut devoir s'occuper de 40 personnes âgées ayant de multiples pathologies, a rapporté Sonia Mancier.

La présidente de la FIQ, Régine Laurent, montre du doigt à la fois le ministère de la Santé et des Services sociaux et les directions des Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Ce sont ces directions locales qui décident, par exemple, de faire appel aux agences privées de placement, faisant en sorte que le personnel qui prend soin des personnes âgées connaît un fort taux de roulement, critique Mme Laurent. Et ce sont elles qui multiplient les postes à temps partiel plutôt que de créer des postes à temps complet.

«Il y a un roulement de personnel et une instabilité qui ne peut plus continuer, parce que ça a des conséquences sur les patients, sur les soins. Et moi, je pense toujours aussi aux familles qui ont le droit de diminuer leur inquiétude quand elles nous confient leurs personnes âgées dans les CHSLD», a commenté Mme Laurent.

La présidente de la FIQ affirme qu'une somme de 230 millions $ est consacrée aux agences de placement du personnel, dont 75 pour cent servirait au personnel dans les CHSLD. Avec cette somme, beaucoup pourrait être fait, soutient la dirigeante syndicale.

«Je veux voir le sérieux. En ce moment, il y a plus de 230 millions $ qui sont dépensés chaque année dans des agences, donc dans du privé. Qu'on me ramène ne serait-ce que la moitié de cet argent-là dans les CHSLD pour bonifier le travail des professionnelles en soins, pour qu'on mette des équipes de travail stables», s'est exclamée Mme Laurent.

La FIQ concède qu'il est difficile de trouver du personnel prêt à travailler dans les CHSLD, mais elle affirme que c'est en améliorant les conditions de travail des gens qui y sont employés que les directions réussiront à embaucher davantage de personnel et à stabiliser les équipes.

Répliquant à la FIQ, l'Association des établissements de la santé et des services sociaux a affirmé que ses membres des CHSLD travaillaient déjà à réduire le nombre d'heures réalisées par les infirmières des agences de placement.

Lors des dernières négociations du secteur public, les parties ont d'ailleurs signé une lettre d'entente visant à réduire de 40 pour cent le recours à du personnel d'agence d'ici 2015.

En entrevue, la présidente de l'association, Lise Denis, a rapporté qu'en 2011, pour l'ensemble des infirmières, 210 000 heures de moins avaient été réalisées par du personnel d'agence, et 100 000 heures de moins pour les infirmières auxiliaires. Il s'agit toutefois de données pour les hôpitaux et les CHSLD réunis; Mme Denis ignore les chiffres pour les CHSLD seulement.

«On pense qu'on est sur la bonne voie», a-t-elle opiné.

Mme Denis a aussi déploré le discours de la FIQ, lui reprochant de négocier des conditions de travail sur la place publique. «Ça inquiète inutilement les personnes âgées et leurs proches. Il faut arrêter de dénigrer notre réseau public», a-t-elle lancé.

La FIQ critique aussi la façon dont est géré le «chevauchement» des quarts de travail pour les infirmières auxiliaires. Il s'agit d'une période de 15 minutes à la fin de son quart de travail lorsqu'une infirmière transmet à l'infirmière qui la relève les informations pertinentes sur les patients.

Lors des dernières négociations, la FIQ a réussi à obtenir que cette période de chevauchement de 15 minutes soit rémunérée pour les infirmières. Or, elle ne l'est toujours pas officiellement pour les infirmières auxiliaires, ce qui pose divers problèmes, selon la FIQ.