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Une exposition rend hommage à la plus célèbre des femmes impressionnistes

08/03/2012 10:03 EST | Actualisé 08/05/2012 05:12 EDT

PARIS - Berthe Morisot est la plus célèbre des femmes impressionnistes mais sa contribution à ce mouvement pictural reste sous-estimée. La rétrospective qui s'ouvre ce jeudi au musée Marmottan, à Paris, répare cette injustice en mettant en lumière ses inventions stylistiques, notamment ses jeux de transparence et ses recherches sur la dissolution des formes.

Berthe Morisot (1841-1895) a étudié la peinture en cours particuliers car, à l'époque, les jeunes filles n'étaient pas acceptées à l'École des Beaux-Arts. Sa formation classique l'amène à faire des copies au Louvre, où elle rencontre Edouard Manet, pour lequel elle pose. Jean-Baptiste Corot l'initie à la peinture en plein air.

Elle rencontre aussi Edgar Degas, qui la fait participer à la première exposition impressionniste, en 1874. La même année, elle épouse Eugène Manet, le frère d'Edouard. Elle présente des oeuvres à toutes les expositions impressionnistes, sauf une, celle organisée juste après la naissance de sa fille. Elle fréquente Degas mais aussi Auguste Renoir, Claude Monet et le poète Stéphane Mallarmé.

Ses tableaux — souvent des portraits de femmes ou des scènes d'enfants au jardin — respirent la fraîcheur et la délicatesse. Mais leur thématique a éclipsé les inventions stylistiques de la peintre.

«Berthe Morisot a apporté plusieurs choses à l'impressionnisme», souligne la commissaire de l'exposition Marianne Mathieu dans un entretien accordé à l'Associated Press. «Elle a tout d'abord apporté une technique: ce sont les jeux de transparence, une capacité à travailler la peinture à l'huile comme on travaille la peinture à l'eau.»

L'artiste s'est aussi distinguée par sa palette pastel, inspirée de la peinture française du XVIIIe siècle — avec différents tons de blanc, d'argent, de rose, de bleu, de vert. «La critique parlait à l'époque d'une palette qu'elle aurait réalisée en broyant des pétales de fleurs», raconte la commissaire de l'exposition.

«Surtout, Berthe Morisot apporte à l'impressionnisme une ouverture d'esprit et des recherches extrêmement variées», insiste Marianne Mathieu. À la fin de sa vie, la peintre travaille en effet sur deux axes.

D'un côté: la ligne. «Ses peintures de figures la rapprochent bien évidemment de Renoir, son ami, avec lequel elle partage cette passion pour la représentation de ces jeunes femmes en fleur», note la commissaire de l'exposition.

De l'autre côté: «la dissolution des formes». Berthe Morisot peint ainsi des paysages «qui sont à la limite de l'abstraction et qui, par bien des aspects, annoncent ce que Monet fera 20 ans plus tard».

Rétrospective Berthe Morisot (1841-1895)

au musée Marmottan, à Paris

du 8 mars au 1er juillet 2012

du mardi au dimanche de 10h à 18h (20h le jeudi)

Entrée: 10 euros (plein tarif), 5 euros (tarif réduit)

www.marmottan.com

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