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Syrie : l'ONU se prépare pour une crise humanitaire

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Dans les rues d'Idleb, dans le nord du pays. (PC/AP/Rodrigo Abd)
Dans les rues d'Idleb, dans le nord du pays. (PC/AP/Rodrigo Abd)

(Radio-Canada.ca)

Les Nations unies vont constituer des réserves de nourriture suffisantes pour répondre aux besoins de 1,5 million de Syriens, a affirmé John Ging, du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU.

« Il faudra faire davantage », a cependant prévenu M. Ging au terme d'une réunion de coordination sur l'aide humanitaire internationale pour la Syrie qu'il présidait jeudi à Genève, en Suisse.

La rencontre réunissait des représentants des États membres, des organisations régionales, comme la Ligue arabe et la Commission européenne, des ONG, dont le Comité international de la Croix-Rouge, et des agences de l'ONU comme le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR).

L'ambassadeur de Syrie auprès de la mission de l'ONU à Genève, Faysal Khabbaz Hamoui, a dénoncé la tenue de cette rencontre, contraire selon lui à la Charte des Nations unies. « La Syrie ne traverse pas de crise humanitaire », a-t-il affirmé.

La responsable des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, s'est rendue à Homs, mercredi, dans le cadre d'une visite dont l'objectif consiste à obtenir un accès humanitaire « sans entrave » aux populations touchées par les violences.

Elle est brièvement entrée dans le quartier de Baba Amr, assiégé et pilonné par l'artillerie pendant un mois, avant que les forces du régime de Bachar Al-Assad ne le reprennent le 1er mars.

Mme Amos a dit avoir vu des quartiers « totalement dévastés » à Homs. Elle n'a cependant pas pu se rendre dans des quartiers tenus par l'opposition armée pour des raisons de sécurité, a précisé sa porte-parole, Amanda Pitt.

Le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem, qu'elle avait précédemment rencontré à Damas, lui avait pourtant « confirmé qu'elle pourrait se rendre là où elle voudrait », a souligné Mme Pitt.

De son côté, l'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Kofi Annan, a dit craindre « une plus grande militarisation » du conflit qui déchire le pays depuis un an. « La solution réside dans un règlement politique », a-t-il affirmé, à 48 heures de sa visite à Damas.

Près de 12 000 Syriens ont traversé la frontière pour se réfugier en Turquie depuis le début du mouvement de contestation du régime de Bachar Al-Assad en mars 2011, a déclaré jeudi un responsable du ministère turc des Affaires étrangères.

Le nombre de réfugiés s'est accru de façon notable au cours des derniers jours. Les autorités turques estiment que de 150 à 200 Syriens traversent chaque jour la frontière, trois fois plus que la moyenne observée depuis la fin de l'année dernière.

13 morts au cours de la journée

Les violences se sont poursuivies dans le pays, jeudi. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 13 personnes sont mortes. L'organisme rapporte des morts dans la province de Deir Ezzor, à Hama, à Idleb et à Damas.

Selon le Conseil national syrien et l'OSDH, au moins 27 personnes ont été tuées mercredi par l'armée.

Un membre du régime fait défection

Le vice-ministre syrien du Pétrole a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi qu'il démissionnait de son poste et qu'il rejoignait l'opposition au président Bachar Al-Assad, devenant le plus haut cadre du régime à faire défection depuis le début de la révolte.

« Je dis à ce régime : vous avez infligé une année de chagrin et de tristesse à ceux que vous désignez comme votre peuple, lui refusant la vie et l'humanité minimale et conduisant la Syrie au bord du gouffre », a déclaré Abdo Houssameldine, dans une vidéo publiée par des opposants sur YouTube. M. Houssameldine a servi le gouvernement pendant 33 ans.

Le Conseil national syrien, qui regroupe les principaux groupes de l'opposition, a salué la décision du vice-ministre de quitter le régime. Le chef du CNS, Burhan Ghalioun, s'est dit convaincu que « d'autres membres du gouvernement et politiciens feront de même ».

De son côté, le département d'État américain a estimé jeudi que la défection de M. Hussameddine constituerait une « très bonne nouvelle » si elle était confirmée.

Abdo Houssameldine s'en prend également à la Chine et à la Russie, qu'il accuse d'être « des partenaires des assassinats » de Syriens, faisant référence à leur opposition systématique à tout projet de résolution de l'ONU condamnant le régime de Bachar Al-Assad.

L'émissaire chinois en Syrie a quant à lui exhorté jeudi non seulement le gouvernement syrien, mais aussi l'opposition, à mettre fin aux violences. Il a également demandé au régime de Damas de collaborer avec les Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour permettre l'envoi de l'aide humanitaire dans les zones touchées par les combats.