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Syrie: la responsable de l'humanitaire de l'ONU frappée par les destructions à Homs

08/03/2012 07:11 EST | Actualisé 08/05/2012 05:12 EDT

BEIRUT - La directrice du bureau de la Coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), Valérie Amos, s'est déclarée "frappée" par l'ampleur de la dévastation dans le quartier de Bab Amr, à Homs, dans le centre de la Syrie.

A Damas, elle a expliqué jeudi à la presse que ce quartier de la ville rebelle de Homs est "complètement détruit" après le pilonnage de l'armée syrienne pendant près d'un mois. La plupart des habitants ont fui le siège sanglant, a-t-elle souligné, à l'issue d'un entretien avec les ministres syriens de la Santé et de l'Education.

Valérie Amos est le premier observateur indépendant autorisé à pénétrer à Bab Amr depuis la reprise du quartier aux rebelles par l'armée syrienne le 1er mars dernier.

Depuis le Caire, l'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a précisé que sa priorité en tant qu'envoyé spécial en Syrie était de faire cesser la violence, acheminer une aide humanitaire et enfin amorcer un "processus politique" pour résoudre le conflit. Choisi par l'ONU et la Ligue arabe, Kofi Annan devrait se rendre à Damas samedi.

Lors de sa conférence de presse après sa rencontre avec le chef de la Ligue arabe Nabil Elaraby, M. Annan a assuré avoir le soutien total de la communauté internationale.

Quant à M. Elaraby, il a estimé qu'il n'était pas possible d'appliquer à la Syrie le "scénario libyen", à savoir des mois de frappes aériennes par l'OTAN, qui ont aidé les rebelles à faire tomber le colonel Moammar Kadhafi.

Par ailleurs, lors d'un déplacement à Tunis, le président turc Abdullah Gül, tout comme son homologue tunisien Moncef Marzouki, s'est déclaré hostile à une intervention étrangère en Syrie, plaidant pour une solution pacifique de la crise syrienne.

"L'armement des insurgés et l'intervention étrangère ne peuvent que compliquer la situation", a de son côté estimé le chef de l'Etat tunisien. Il a déclaré que son pays "poursuivra l'action politique avec nos amis européens, russes et chinois", en se disant convaincu que le régime de Bachar el-Assad "est appelé à disparaître".

Le président turc a condamné la persistance de l'usage de la force par le régime syrien contre les populations civiles. "La répression, l'injustice et la dictature ne peuvent pas continuer", s'est-il insurgé.

Abdullah Gül a aussi laissé entendre que la France sera invitée, à l'instar des autres pays concernés, à prendre part à la deuxième conférence internationale des "Amis du peuple syrien" qui doit se tenir prochainement à Istanbul, malgré le différend concernant le vote en France d'une loi condamnant la négation du génocide arménien.

"Cette conférence se tient à l'échelle internationale et n'a rien à voir avec les relations bilatérales. Il faut faire la distinction entre les deux volets", a-t-il déclaré, en mettant l'accent sur le souci d'Ankara d'assurer "la plus grande participation" à ces assises en mentionnant la Russie, principal allié du régime de Damas. AP

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