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Procès Stafford: McClintic avait confié des problèmes de maîtrise de la colère

08/03/2012 01:37 EST | Actualisé 08/05/2012 05:12 EDT

LONDON, Ont. - Quelques heures seulement avant l'enlèvement d'une fillette de 8 ans — dont le corps sauvagement battu a été laissé à l'abandon dans un champ —, l'adolescente ayant avoué l'avoir assassinée avait évoqué des problèmes de maîtrise de la colère, a appris un tribunal de l'Ontario, jeudi.

Terri-Lynne McClintic, qui purge une peine de prison après avoir plaidé coupable à l'accusation du meurtre de la petite Victoria Stafford, avait mentionné le gardiennage dans ses expériences de travail antérieures lors d'une rencontre avec un conseiller en emploi. Elle avait aussi fait part de son faible niveau d'éducation pour expliquer ses difficultés à décrocher un travail.

McClintic, aujourd'hui âgée de 21 ans, doit témoigner mardi au procès de son ex-petit ami Michael Rafferty, au palais de justice de London.

La Couronne argue que le duo a enlevé Victoria Stafford à sa sortie de l'école, à Woodstock en Ontario, avant de l'emmener en voiture à plus de 100 kilomètres au nord, dans une région rurale. La fillette y aurait alors été agressée sexuellement puis tuée, selon la Couronne.

Michael Rafferty, âgé de 31 ans, a plaidé non coupable à des accusations de meurtre prémédité, d'agression sexuelle causant des blessures et d'enlèvement.

Une imposante équipe de policiers a été déployée pour fouiller sans relâche les environs après que l'enfant eut été disparue le 8 avril 2009. Après avoir cherché quelque 20 heures par jour pendant six semaines dans l'espoir de la retrouver en vie, la confession de McClintic avait asséné un coup dur aux policiers, a appris la cour.

La police avait toujours espoir que la fillette soit en vie jusqu'à ce que McClintic passe aux aveux, six semaines après sa disparition.

Un policier de Woodstock a par ailleurs fondu en larmes à la barre des témoins alors qu'il décrivait le moment où il a appris la mort de la petite Victoria Stafford.

«L'affaire d'enlèvement s'est transformée en enquête sur un homicide», a témoigné l'enquêteur Sean Kelly, sa voix brisée par l'émotion. C'était assez considérable et ç'a eu un impact plutôt important.»

L'enquêteur a alors eu la gorge nouée, s'arrêtant pour fixer le plafond et tenter de ravaler ses larmes.

«Je vais bien. On peut continuer», a-t-il fini par souffler.

Alors que Victoria Stafford vivait ses dernières heures, McClintic s'est arrêtée dans un centre d'emploi pour remplir des formulaires faisant état de ses expériences de travail et indiquant qu'elle bénéficiait de l'aide sociale, a témoigné M. Kelly.

McClintic, une autochtone non inscrite, a coché la case mentionnant un comportement colérique. Elle avait toutefois ajouté, à la main, qu'elle avait été «capable de garder le contrôle». McClintic n'a complété que sa 3e année du secondaire.

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