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Malgré le brouhaha de la veille, les étudiants tiennent d'autres manifestations

08/03/2012 11:14 EST | Actualisé 08/05/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Au lendemain des affrontements entre étudiants et policiers anti-émeute, qui se sont soldés par sept arrestations et un blessé grave, les esprits s'étaient refroidis, jeudi à Montréal.

Quelque 800 manifestants se sont rassemblés en après-midi au parc Émilie-Gamelin pour ensuite se diriger calmement vers les bureaux montréalais de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp.

Plusieurs femmes faisaient partie du cortège, profitant de la Journée internationale des femmes pour souligner qu'elles seraient parmi les premières à être victimes de la hausse des droits de scolarité du gouvernement de Jean Charest.

Des roses ont été déposées devant le ministère de l'Éducation par les manifestants, qui voulaient dénoncer par ce geste la «violence» avec laquelle les forces policières ont dispersé les foules d'étudiants au cours des derniers jours.

Mercredi, quatre personnes, dont un policier, avaient été blessées lors de la première manifestation de la journée devant l'édifice de Loto-Québec sur la rue Sherbrooke, à Montréal. Un étudiant du cégep de Saint-Jérôme avait été blessé plus sérieusement au visage, et a dû être opéré à un oeil jeudi matin pour un décollement de la rétine.

Une deuxième manifestation étudiante a eu lieu en début de soirée dans la métropole jeudi. Parmi les manifestants figuraient des étudiants de l'Université Concordia. Les 30 000 étudiants de l'université anglophone ont voté en faveur d'un débrayage mercredi soir, gonflant ainsi les rangs du mouvement.

Le Service de police de la Ville de Montréal n'a fait état d'aucune arrestation en lien avec les manifestations étudiantes, tard jeudi.

D'autres démonstrations étudiantes se sont aussi déroulées dans le calme à Sherbrooke et à Gatineau.

À Sherbrooke, quelque 200 manifestants ont paradé dans le calme devant les bureaux du ministère de l'Éducation de la municipalité. Du côté de Gatineau, une centaine d'étudiants ont profité du passage de Jean Charest, venu faire la promotion de son Plan Nord, pour exprimer leur mécontentement.

Selon le porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, les mêmes consignes que d'habitude sont données aux étudiants. Il soutient qu'il faut regarder du côté des policiers et non des étudiants lorsqu'il est question de débordements.

«La meilleure manière de s'assurer que ça ne dégénère pas en violence policière comme hier (mercredi), c'est que les policiers acceptent d'avoir une attitude un peu plus compréhensive et un peu plus calme, a-t-il indiqué. Hier, avant que les policiers ne se présentent, tout allait bien. C'est vraiment leur présence qui fait monter la tension. On leur demande donc d'être discrets, respectueux de nos manifestations, et s'ils adoptent cette attitude, nous sommes convaincus que ça va bien se passer.»

À l'instar de la CLASSE, qui a dénoncé «les abus policiers», la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) réclame l'intervention du premier ministre pour «dénoncer la violence policière à l'égard des étudiants qui manifestaient pacifiquement devant les bureaux de Loto-Québec».

«Le premier ministre et la ministre de l'Éducation ont souvent demandé aux étudiants de dénoncer les violences lors de manifestations étudiantes, et de dénoncer certaines actions», a indiqué la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins.

«Or, on comprend mal pourquoi le gouvernement est silencieux face à la situation d'hier (mercredi), où, visiblement, il y a eu excès d'utilisation de violence de la part du SPVM pour disperser la foule. On ne comprend pas le silence du gouvernement à ce sujet, et nous demandons au premier ministre de sortir et de dénoncer cette violence justement pour éviter de la cautionner.»

Le premier ministre Charest n'a toutefois pas répondu à cet appel, bien au contraire. Il a plutôt pointé du doigt les étudiants.

«Les étudiants, lorsqu'ils manifestent, refusent malheureusement de travailler avec les policiers pour s'assurer de la sécurité des gens qui manifestent», a déclaré le premier ministre.

«J'invite les manifestants à travailler avec les policiers pour les informer, comme il se fait habituellement, de l'itinéraire et à respecter la paix publique également.

«Envahir un édifice, faire peur aux gens, évidemment ç'a des conséquences. Il faut que les leaders étudiants agissent de manière responsable également. Les policiers font leur travail aussi bien qu'ils le peuvent», a ajouté M. Charest.

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