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Le gouvernement du Kenya congédie 25 000 employés de la santé en grève

08/03/2012 04:19 EST | Actualisé 08/05/2012 05:12 EDT

NAIROBI, Kenya - Le gouvernement du Kenya a annoncé, jeudi, le congédiement de 25 000 employés en grève des hôpitaux publics qui ont défié un ordre de retourner au travail.

Au total, quelque 40 000 employés du secteur de la santé — notamment des infirmières, des techniciens de laboratoire et des assistants dentaires — ont déclenché la grève le 1er mars pour faire valoir plusieurs revendications. Ils se plaignent notamment d'une surcharge de travail.

Le porte-parole du gouvernement, Alfred Mutua, a affirmé jeudi que les noms de 25 000 employés avaient été effacés des listes de paie.

«Le gouvernement a pris cette mesure ferme pour réduire la souffrance de Kényans innocents. C'est mal et c'est un manque d'éthique pour un professionnel de la santé de se soustraire à son devoir et de permettre la mort ou la souffrance d'un patient», a dit M. Mutua.

Le porte-parole a demandé à tous les professionnels de la santé disponibles de se présenter dans l'établissement de santé le plus proche ce vendredi pour se porter candidats aux postes ouverts.

Un responsable de la Société des professionnels de la santé du Kenya, Alex Orina, a estimé qu'il s'agissait d'une tactique de négociation du gouvernement et que celui-ci ne pourrait remplacer les 25 000 employés congédiés.

M. Orina a précisé que les professionnels de la santé sont en grève pour dénoncer la surcharge de travail, attribuable selon lui au manque de personnel, et pour dénoncer l'équipement et les fournitures inadéquats dans les établissements de santé.

Des infirmières ont dû procéder à des accouchements sans gants chirurgicaux, s'exposant elles-mêmes, ainsi que la mère et l'enfant, à des infections, a soutenu M. Orina.

Il n'a pu confirmer les allégations de certains médias kényans selon lesquelles cinq patients qui auraient dû survivre sont morts durant la grève. Des médias ont notamment affirmé qu'une femme et son nouveau-né étaient morts devant les grilles d'un hôpital.

Le gouvernement kényan a été plusieurs fois critiqué par des organisations internationales pour son manque d'investissements dans les soins de santé.

L'an dernier, les médecins des hôpitaux publics du Kenya avaient fait la grève pour demander de meilleurs salaires.

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