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La justice militaire égyptienne enquête sur 12 militants de la révolution

08/03/2012 10:45 EST | Actualisé 08/05/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Les procureurs militaires égyptiens ont ouvert une enquête sur 12 militants bien en vue, dont un chef de file du soulèvement populaire qui a mené au renversement du régime de Hosni Moubarak et un écrivain célèbre, a rapporté l'agence de presse officielle jeudi.

Ils sont accusés d'avoir incité à la haine envers l'armée et d'avoir tenté de renverser le gouvernement, après des plaintes déposées par plus de 700 citoyens, a précisé l'agence.

Il s'agit pour l'instant d'une enquête préliminaire, qui vise à déterminer si les plaintes sont fondées.

L'agence a cité le procureur militaire en chef, le major-général Adel al-Mursi, qui a affirmé qu'aucun des 12 militants ne serait convoqué tant que l'enquête n'aurait pas permis d'établir la crédibilité des accusations.

«Il n'y aura absolument aucun procès pour des idées ou une idéologie, tant que ces gens se conforment à la loi», a-t-il dit.

Depuis qu'ils ont succédé à Hosni Moubarak il y a un an, les généraux au pouvoir ont plusieurs fois ciblé les critiques des autorités, tentant d'intimider des militants bien connus et des personnalités médiatiques en les convoquant pour des interrogatoires avec les procureurs militaires.

L'enquête ouverte sur les 12 militants ne mènera peut-être pas à des procès, mais semble destinée à les intimider. Les 12 militants sont tous des opposants au régime militaire. Parmi eux figurent Alaa al-Aswany, un romancier renommé, et Wael Ghoneim, ancien dirigeant de Google qui a attiré l'attention pour son rôle dans l'organisation des manifestations qui ont mené au renversement de Moubarak.

«Chaque citoyen a le droit de déposer des accusations, mais ce qui importe le plus, c'est la vérité et la crédibilité de ces accusations», a écrit Wael Ghoneim sur sa page Facebook.

Sur la liste figurent aussi deux animateurs de télévision, un parlementaire qui a qualifié d'«âne» le chef du Conseil suprême des forces armées, une présentatrice de télé candidate à l'élection présidentielle, deux militantes féministes bien connues, le co-fondateur du mouvement Kefaya et un architecte qui a généreusement financé le soulèvement populaire.

Les militants pro-démocratie, dont plusieurs sont considérés comme les chefs de file du soulèvement contre l'ancien régime, accusent les militaires de mal gérer la transition, de tuer des manifestants, de torturer des détenus et de contraindre plus de 10 000 civils à être jugés devant des tribunaux militaires.

Certains militants demandent que les généraux soient jugés pour les crimes commis durant la période de transition, ce qui signifierait la fin de l'immunité dont jouit l'armée égyptienne depuis des décennies.

Plusieurs centaines de femmes ont marché dans le centre du Caire jeudi pour marquer la Journée internationale de la femme, scandant des slogans contre le régime militaire et demandant une représentation équitable des femmes dans l'assemblée chargée d'élaborer la nouvelle Constitution.

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