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La cinémathèque ouvre ses portes à Tim Burton

08/03/2012 10:52 EST | Actualisé 08/05/2012 05:12 EDT

PARIS - La cinémathèque française accueille, jusqu'au 5 août, une exposition consacrée au réalisateur américain Tim Burton, conçue en 2009 par le MoMA à New York. Un événement accompagné par une rétrospective intégrale de ses films, parmi lesquels "Batman", "Edward aux mains d'argent", "Ed Wood", "Les noces funèbres" ou "Alice au pays des merveilles".

Après avoir voyagé à Melbourne, Toronto et Los Angeles, cette exposition débarque donc à Paris. Elle permet aux visiteurs de découvrir de nombreux dessins de Tim Burton (réalisés d'abord quand il était dans une école d'arts en Californie, puis, notamment, chez Disney où il a travaillé), mais aussi des photographies, des extraits de films, des figurines et autres objets constituant son univers artistique.

Lors d'une conférence de presse organisée lundi à la cinémathèque, avant l'ouverture de l'exposition, Tim Burton s'est dit impressionné par "la fouille archéologique" réalisée pour retrouver ses oeuvres. "Je ne me rendais pas compte que j'avais conservé tous ces dessins", a-t-il expliqué.

Tim Burton, né en 1958, a raconté que quand il était enfant, "le dessin était une façon de communiquer, sans avoir besoin de s'exprimer verbalement". "Certains de mes professeurs m'ont dit: dessine comme tu le sens", a-t-il confié, en précisant que cela l'avait encouragé.

Alors il s'est mis à dessiner des monstres, des êtres "mal compris". "C'est un peu ce que je ressentais moi-même", a-t-il noté. "Beaucoup de dessins bizarres ont retrouvé une place dans les films", a-t-il également souligné, en ajoutant que "chacun doit trouver un moyen de s'exprimer". "Pour moi, ça a été le dessin."

"Je dessinais ce qui me passait par la tête. C'est une démarche affective, pas intellectuelle", a-t-il également raconté, en notant qu'il avait été plusieurs fois engagé et renvoyé de Disney.

Evoquant ensuite ses films dans lesquels les monstres occupent une large place, même s'il dit n'avoir "jamais délibérément voulu faire quelque chose de sombre", il estime qu'il n'y a pas d'âge minimum à conseiller pour les voir. "J'ai regardé des films d'horreur à l'âge de trois ans. Les enfants sont les meilleurs juges de ce qui est acceptable", a-t-il déclaré. Quant à ses films, il refuse de dire s'il en préfère certains, même si "Edward aux mains d'argent", "peut-être le plus personnel", et "Ed Wood" (interprété par Johnny Depp, qui a joué dans huit longs métrages de Tim Burton depuis 1990) sortent légèrement du lot. "Nos films sont comme nos enfants, il est difficile de choisir. Et puis, je ne revois pas mes films", a-t-il assuré.

Tim Burton, qui a grandi à Los Angeles, vit aujourd'hui à Londres. "Hollywood est un espace insulaire où on est à l'écart du reste du monde. A l'étranger, je me sens plus à l'aise." Concernant la France, il apprécie le fait qu'on y aime le cinéma "pour sa valeur artistique" et qu'on y "parle des films avec beaucoup d'éloquence".

En plus de l'exposition qui vient d'ouvrir ses portes, les amateurs de Tim Burton -dont le prochain film, "Dark Shadows", sortira le 9 mai en France- pourront voir tous ses longs métrages jusqu'au 23 mai à la cinémathèque, ainsi que plusieurs films choisis par le réalisateur (parmi lesquels "Dracula" de Tod Browning et "Frankenstein" de James Whale) dans le cadre d'une carte blanche. AP

Sur le Net:

www.cinematheque.fr

pyr/cov/sb

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