La Banque du Canada maintient son taux cible du financement à 1 pour cent

Bank Canada

Première Publication: 8/03/2012 09:26 Mis à jour: 8/03/2012 17:25

OTTAWA - La Banque du Canada se montre un peu plus optimiste quant aux économies nationale et mondiales, bien que la croissance soit loin d'être suffisante pour que la banque centrale commence à augmenter ses taux d'intérêt.

Tel que prévu, le gouverneur de la banque, Mark Carney, et son équipe ont maintenu le taux cible du financement à un jour à un pour cent pour la douzième fois de suite, jeudi.

Les observateurs s'attendaient à ce que la Banque du Canada commence à revoir à la hausse son taux, l'été dernier, mais les augmentations attendues ne se sont pas matérialisées en raison du ralentissement de la croissance économique aux États-Unis et des préoccupations entourant la crise de la dette en Europe.

Le ton optimiste adopté par la banque centrale, jeudi, a néanmoins réjoui les marchés. Le dollar canadien a gagné 0,72 cent US, pour terminer la journée à 100,9 cents US, après l'annonce faite en matinée par la banque.

«Il s'agit d'un solide changement par rapport à janvier», a affirmé Derek Holt, économiste à la Banque Scotia.

M. Holt a indiqué que le communiqué émis par la banque pourrait laisser entendre que les taux d'intérêt canadiens augmenteront plus tôt que prévu. Il a cependant ajouté qu'il y avait maintes raisons de croire que cela ne sera pas le cas. Le spécialiste demeure convaincu qu'il n'y aura aucune hausse des taux d'intérêt au Canada avant le troisième trimestre de 2013.

«Si c'était un cycle normal, ils procéderaient probablement à une hausse maintenant, a-t-il dit. Mais compte tenu des perspectives (...) des choses qui pourraient se passer relativement bien ou terriblement mal tout à coup, ils veulent se garder une marge de manoeuvre.»

Aux yeux des analystes, plusieurs raisons expliquent que la Banque du Canada n'ait pas modifié son taux directeur, même si dans son communiqué de jeudi, la banque a fait état de l'endettement des ménages et des pressions exercées par l'inflation, deux facteurs exacerbés par un contexte de faibles taux d'intérêt.

Une hausse des taux pourrait se traduire par une augmentation de la valeur du huard, ce qui compliquerait la tâche des exportateurs canadiens. Parallèlement, l'homologue américain de M. Carney, Ben Bernanke, s'est engagé, sous certaines conditions, à ne pas toucher aux taux américains avant 2014.

Par ailleurs, en dépit du ton plus rose qu'elle ait emprunté, la Banque du Canada continue de souligner que les économies canadiennes et mondiales ne sont pas sorties du bois. L'économie mondiale progresse à un taux inférieur à son taux tendanciel, la croissance chinoise ralentit, les cours du pétrole sont élevés, et l'endettement des ménages canadiens demeure une source de préoccupation.

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Publié par Patrick White  |