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Des affrontements entre la police et d'ex-rebelles font un mort au Mozambique

08/03/2012 05:26 EST | Actualisé 08/05/2012 05:12 EDT

MAPUTO, Mozambique - Des affrontements entre la police et les partisans d'un ancien groupe rebelle au Mozambique ont fait un mort et trois blessés, jeudi, a annoncé la police.

Un porte-parole de la police, Inacio Dina, a déclaré à la télévision nationale que les violences avaient commencé quand des partisans de la Résistance nationale mozambicaine (Renamo) avaient attaqué un véhicule de police tôt jeudi matin, tuant un policier.

Selon M. Dina, le véhicule transportait des renforts de police venus surveiller le quartier général du parti Renamo à Nampula, dans le nord du pays, où 300 partisans, dont certains armés, campaient depuis des semaines.

Après l'attaque, a dit M. Dina, la police a donné l'assaut sur le quartier général, affrontant les hommes qui campaient sur les lieux et la «force de sécurité illégale» de la Renamo.

Deux membres de la Renamo ont été grièvement blessés et 23 personnes ont été arrêtées, a indiqué le porte-parole de la police. Un policier a également été blessé. Les autorités ont saisi cinq fusils d'assaut, a-t-il ajouté.

Selon M. Dina, les résidants se sont fait dire de rester chez eux et les écoles ont été fermées alors que la police traquait les partisans qui ont échappé au raid. Certains fugitifs se seraient cachés dans la maison du chef de la Renamo, Afonso Dhlakama, à Nampula. La région de Nampula est depuis longtemps un bastion de la Renamo.

Plus tard dans la journée, M. Dina a affirmé que la situation était revenue à la normale dans la ville. Il a précisé que la police n'avait pas l'intention d'entrer dans la maison de M. Dhlakama. La police pense que les partisans campaient autour du quartier général du parti pour réclamer leur indemnité de démobilisation.

Le secrétaire général de la Renamo, Ossufo Mamude, a déclaré aux journalistes à Maputo, la capitale, que M. Dhlakama avait téléphoné au président du pays, Armando Guebuza, pour lui demander un rapport sur ce qui s'est produit à Nampula. «La Renamo attend une réponse», a-t-il dit.

M. Mamude a aussi affirmé que sept policiers avaient été tués dans la journée, ce que la police a nié.

Des résidants de Nampula ont déclaré à la télévision publique qu'ils avaient peur de la Renamo, tandis que le porte-parole de la police a accusé le groupe d'avoir enlevé un résidant de la ville.

Mais le porte-parole de la Renamo, Fernando Mazanga, a déclaré lors d'une conférence de presse que les hommes du groupe étaient pacifiques et qu'ils avaient le droit de se rassembler pour organiser des manifestations.

Le chef de la Renamo a menacé de renverser pacifiquement le parti Frelimo au pouvoir depuis qu'il a perdu les élections en 2009, mais aucune manifestation de ce genre n'a été organisée jusqu'à maintenant.

Les leaders religieux de Nampula ont exprimé des inquiétudes quant au campement installé par les partisans devant les bureaux de la Renamo, affirmant qu'ils n'avaient pas de nourriture ni d'installations sanitaires appropriées.

Après avoir acquis son indépendance du Portugal en 1975, le Mozambique a plongé dans une guerre dévastatrice entre le Frelimo (Front de libération du Mozambique), qui était alors une guérilla marxiste, et la Renamo, qui était appuyée par le gouvernement d'apartheid en Afrique du Sud.

Le Frelimo est au pouvoir depuis l'indépendance et a remporté toutes les élections depuis l'instauration du multipartisme en 1994. Le Mozambique, qui compte 23 millions d'habitants, est l'un des pays les plus pauvres du monde.

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