NOUVELLES

Un homme accusé en lien avec l'arrivée de migrants tamouls en C.-B.

07/03/2012 04:53 EST | Actualisé 07/05/2012 05:12 EDT

VANCOUVER - La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a lancé une chasse à l'homme internationale pour retrouver la première personne à être accusée en lien avec l'arrivée d'un navire transportant des centaines de migrants tamouls au large de la Colombie-Britannique il y a près de deux ans.

Thayakaran Markandu a été accusé d'avoir organisé une entrée clandestine au Canada, a annoncé mercredi la GRC. L'accusation est liée au bateau MV Sun Sea, qui est arrivé au pays en août 2010 avec 492 réfugiés tamouls à son bord.

Le sergent Duncan Pound de la GRC a déclaré que Markandu, qui est né en 1972 selon le dossier déposé en cour, vivait probablement à l'étranger, sans toutefois préciser où.

«Nous croyons qu'il ne se trouve pas au Canada actuellement, alors nous travaillons avec nos partenaires internationaux afin qu'ils mettent le mandat d'arrêt à exécution et que le suspect soit traduit en justice, a-t-il affirmé. Nous espérons que, une fois qu'il aura été localisé, nous pourrons entamer un processus d'extradition.»

Selon l'acte d'accusation déposé devant un tribunal provincial de la Colombie-Britannique, les crimes reprochés à Thayakaran Markandu ont eu lieu dans le détroit de Juan de Funca, au sud de l'île de Vancouver, ainsi qu'au Sri Lanka, en Malaisie et en Thaïlande.

L'acte, qui été présenté lundi et contient des allégations qui n'ont pas encore été prouvées, soutient que l'accusé «a délibérément organisé, causé, aidé ou encouragé la venue au Canada d'une ou de plusieurs personnes qui ne détenaient pas de visa, de passeport ou l'un des autres documents requis par la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés».

Les 492 passagers du MV Sun Sea, parmi lesquels se trouvaient des femmes et des enfants, ont tous demandé le statut de réfugié en évoquant les 26 ans de guerre civile ayant déchiré leur terre natale, le Sri Lanka.

Ce navire a accosté en Colombie-Britannique un an après un autre, le MV Ocean Lady, qui avait à son bord 76 migrants tamouls.

Les deux bateaux ont amplifié le débat concernant l'approche que le Canada devait adopter lorsqu'un nombre important de migrants clandestins se retrouvent au large de ses côtes après avoir payé un passeur.

Le gouvernement conservateur s'est servi de ces cas pour promouvoir son projet de loi visant à imposer des peines plus sévères aux passeurs, à faciliter l'emprisonnement des réfugiés et à accélérer le processus d'immigration pour les ressortissants de pays jugés sécuritaires, comme ceux de l'Union européenne.

Il a aussi rapidement laissé entendre que certains migrants du MV Sun Sea et du MV Ocean Lady avaient des liens avec les Tigres de libération de l'Eelam tamoul, une organisation indépendantiste et terroriste qui a été défaite au terme de la guerre civile en 2009.

Des passagers des deux vaisseaux ont été accusés d'être liés aux Tigres lors d'audiences devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada. Si ces allégations n'ont pu être prouvées dans le cas des voyageurs du MV Ocean Lady, plusieurs migrants du MV Sun Sea ont été condamnés à être déportés pour cette raison.

PLUS:pc